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Vous déprimez après la rentrée

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…vous déprimez après la rentrée.

Et voilà, vous venez de déposer votre plus jeune enfant à la maternelle pour sa toute première rentrée. Il fallait bien que cela se produise un jour. Vous vous souvenez avec nostalgie du jour où il est venu au monde, de tout le chemin parcouru en à peine trois ans, et vous vous dites : « Eh bien ça y est, il est grand ! » dans un mélange de fierté et de mélancolie.

J’ai déposé le mien lundi matin. Il était prêt. Il a foncé dans sa classe sans même ôter ses chaussures. Lorsque la maîtresse lui a demandé de faire un petit bisou… c’est elle qu’il a embrassée ! Et nous attendions, bras ballants, qu’il daigne au moins nous saluer… Et dire qu’il y a tout juste un an, j’allaitais encore ce petit gaillard. D’ailleurs il est toujours « mon bébé », même si pour rien au monde il ne m’autoriserait à l’appeler ainsi. Mais là, j’avais juste envie de hurler : « Espèce de petit ingrat, et en plus tu pars sans même te retourner !!! » Et la maîtresse a enfoncé le couteau dans la plaie en déclarant avec un large sourire : « Ah, mais on aime mieux quand ça se passe ça » ! Oui, c’est sûr, les autres petits qui pleurnichaient en se cramponnant à leurs parents faisaient peine à voir. Mais j’aurais tout de même aimé lui répondre : « Quoi ? Vous trouvez que c’est mieux quand ils s’en vont sans même sourciller et semblent traiter celle qui les a mis au monde avec l’indifférence la plus totale ? Eh bien merci pour moi ! »

Nous avons laissé notre petit bonhomme à l’école, puis mon mari et moi avons parcouru main dans la main et en silence les quelques centaines de mètres qui nous ramenaient chez nous. Je sentais qu’il appréciait que l’on se retrouve. Moi, j’étais heureuse qu’il soit présent, parce que le sentiment de solitude qui m’a envahie tout à coup aurait été bien trop lourd à porter s’il n’avait pas été là.

J’aurais aimé être une petite souris pour voir chacun de nos quatre enfants dans sa salle de classe, interagissant avec ses camarades, savourant ou déplorant les divers apprentissages proposés. Mais il faut bien les laisser prendre leur envol. Et nous, les mamans, que devenons-nous à ce moment-là ? Ces petits bouts nous demandent tant d’énergie, tant d’abnégation, tant de force, de courage et d’amour, et voilà qu’ils partent dans la vie, forts de tout ce que nous leur avons transmis, avec une certaine reconnaissance à notre égard, mais nous laissant cette impression de rester sur la touche et d’être devenues tout à coup… inutiles.

Je dis toujours à mes enfants que nous n’avons pas été créés pour être séparés. La séparation est une douleur trop lourde pour un cœur humain. C’est pour cela que le ciel et l’éternité existent. Le ciel éternel, c’est le lieu où les séparations n’existeront plus jamais.

Mais en attendant, que faire pour ne pas sombrer dans la déprime ? Voici quelques petites pistes :

Sortez. C’est le moment de profiter de votre liberté. D’aller chez le coiffeur sans vous casser la tête pour faire garder vos enfants pendant ce temps. D’aller faire des courses en prenant vraiment le temps de choisir vos produits au lieu de remplir machinalement et à la hâte un caddie tout en faisant le gendarme entre vos enfants impatients. De vous poser dans un parc avec un bon bouquin dont personne n’interrompra la lecture, pour une fois. Sortir vous évitera également de tourner en rond chez vous en broyant du noir, et surtout de voir traîner autour de vous tous ces objets qui vous rappelleront que les enfants ne sont pas là.

Ne restez pas seule. C’est le moment idéal pour aller boire un café avec une autre maman tout aussi déprimée que vous. Et je vous assure que le café a bien meilleure saveur lorsqu’il n’est pas interrompu par les sollicitations d’un enfant (parce que pour une fois vous aurez la chance de ne pas le boire froid) !

Lancez-vous dans une activité qui vous tient à cœur. Si vous pouvez trouver une activité professionnelle ou amateur gratifiante, le cap sera moins difficile à passer. C’est le moment de vous inscrire à ces cours de couture que vous rêviez de prendre depuis longtemps, ou de ressortir vos pinceaux et vos toiles si vous peignez, ou de reprendre des études, ou d’envisager tant d’autres projets restés en attente jusqu’ici. En un mot, revivez.

Rendez-vous utile auprès d’autres personnes. Certes, vos enfants ont moins besoin de vous, mais d’autres personnes peuvent apprécier votre présence ou vos compétences. Les associations sont toujours à la recherche de bénévoles, et il y a mille et une façons de rendre service à vos proches, à vos voisins, ou aux personnes fragilisées qui vous entourent. Et parfois, lorsque nos enfants n’ont plus besoin de nous, ce sont tout simplement nos parents vieillissants qui apprécieront notre aide.

Adoptez un chien. Cela peut paraître idiot, mais… ce n’est pas pour rien que les chiens sont qualifiés d’animaux de “compagnie”. Ils sont un beau remède contre la solitude. Il paraît que les propriétaires de chiens seraient moins enclins à la dépression (et à l’obésité) que les personnes n’ayant pas d’animaux. En tous cas, les chiens vous forcent à sortir, et donc à rencontrer du monde. Et les balades au grand air sont un autre remède anti-déprime largement sous-estimé. En plus, les chiens ne vous reprocheront pas de ne pas avoir lavé leur pantalon préféré et ils ne feront pas la moue devant le contenu de leur gamelle. Et surtout, vous n’aurez jamais besoin de les déposer à l’école !

Je termine par la pire des mauvaises idées, celle qu’il ne faut absolument pas avoir juste après la rentrée, à savoir décider de ranger la chambre de vos enfants, de faire une sorte de ménage de printemps… en automne. De trier leurs armoires pour sortir ce qui ne leur va plus (et de le vendre sur Vinted, comme dirait la pub), de déplacer leur mobilier, voire de repeindre leurs murs. Ce projet-là est purement kamikaze. Vous passeriez des heures dans des chambres vides où tout vous rappelle douloureusement ces chers enfants qui vous manquent tant… et vous redit aussi à quel point le temps passe et à quel point vous vieillissez. Vous injecteriez une grande bouffée d’amour à distance à vos enfants en rangeant leur petit nid, remplie de l’espoir de retrouver le soir des enfants ravis et reconnaissants, sans imaginer un seul instant que le soir-même, vos enfants seront en réalité fatigués et peut-être grognons (furieux d’avoir pour professeur principal le “pire professeur du collège” ou d’avoir un emploi du temps “pourri”, par exemple), peut-être pas vraiment ravis que vous ayez touché à leurs affaires en leur absence, et peut-être pas du tout emballés par vos nouvelles idées déco ou la disparition de certains objets qu’ils adoraient. Non, cette idée est vraiment à bannir. Vous pourrez toujours ranger leur chambre avec eux… aux prochaines vacances. En attendant, fermez leur porte et pensez enfin à vous.

Bon courage !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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