Votre enfant a volé quelque chose dans un magasin

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…

…votre enfant a volé quelque chose dans un magasin.

Notre petit garçon n’avait que quatre ans. Nous faisions quelques courses en le surveillant du coin de l’œil, le laissant parcourir les allées de ce petit supermarché quasiment désert. Tout à coup, sa démarche nous a surpris. Il marchait bizarrement, le bras tendu le long du corps et la main plaquée contre une poche qui semblait anormalement volumineuse. Nous avons vite découvert qu’il avait caché dans sa poche un gros œuf en chocolat, provenant d’un paquet d’œufs qu’il avait éventré dans le rayon voisin. Techniquement, ce n’était pas du vol puisque nous n’avions pas encore franchi la caisse. Mais cette subtilité juridique ne changeait rien à la réalité. Prendre en cachette, c’est du vol.

Nous n’avons pas tergiversé. Nous l’avons placé devant la gérante, pour qu’il avoue son méfait. Il s’est mis à sangloter si fort qu’il était incapable d’articuler le moindre mot. J’ai donc pris les devants et lâché les mots fatidiques : « Mon petit garçon vous a volé cet œuf. » La gérante a voulu dédramatiser les choses, émue peut-être par les larmes de ce petit bonhomme, ou seulement outrée de nous voir aussi sévères avec lui. J’ai dû la reprendre : « Madame, si mon fils vous vole un œuf quand il a quatre ans, que vous volera-t-il quand il en aura quinze ? » Elle a acquiescé, puis nous nous sommes dirigés vers la caisse, en expliquant à notre fils : « Nous allons payer et emporter cette boîte de chocolats, puisque tu l’as abîmée. Mais tu n’en mangeras pas. »

Cet incident l’a tellement marqué que, quatre ans plus tard, en rentrant de la superette où je l’avais envoyé chercher quelques produits, il m’a annoncé fièrement : « Tu sais maman, il y avait tout un rayon de bonbons, et j’ai été très tenté d’en prendre, mais je n’ai pas cédé. » Notre fils n’a plus volé. Pas même un carreau de chocolat dans la petite armoire secrète (pas si secrète) de notre chambre !

Deux principes me semblent utiles lorsqu’un enfant commet un vol : l’aveu et la restitution. L’aveu est une reconnaissance de culpabilité. C’est douloureux, et cela peut dissuader l’enfant de renouveler l’expérience. Mais l’aveu libère également l’enfant de la peur d’être découvert, puisque, justement, il a été découvert. L’amour parental n’est jamais aussi fort que lorsqu’il reste acquis malgré les bêtises d’un enfant. Aimer celui que l’on démasque, c’est lui permettre de grandir de manière équilibrée.

La restitution (de même que le remboursement ou le rachat) permet de s’assurer que l’enfant ne pourra en aucun cas tirer profit de ce qu’il a volé. Il comprend alors que voler ne présente que des inconvénients. La restitution apaise la personne lésée, permet d’éviter des problèmes avec la justice et réhabilite le voleur. Elle ouvre la voie au pardon et à la prise de conscience. Alors, qui vole un œuf, avoue et le rend… deviendra grand !

Vous voulez nous faire part de votre expérience ? Vous avez d’autres trucs et astuces à proposer ?

N’hésitez pas, c’est à vous : ….

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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