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Lorsque le mensonge est particulièrement grave

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (et que leur mensonge va trop loin…)

Lorsque le mensonge est particulièrement grave

Parfois les choses dérapent… et certains mensonges peuvent vous entraîner très loin. Mentir à ses parents sur des devoirs non faits ou une chambre non rangée, c’est une chose. Mais certains mensonges sont très lourds de conséquences, et ils peuvent engendrer des souffrances et des drames, dont l’impact dépassera de loin le simple cercle familial.

Il y a quelques années, un adolescent qui se confiait à nous a mis en cause l’un de ses parents pour des faits extrêmement graves. Des faits qui, s’ils s’avéraient exacts, pouvaient conduire le parent incriminé directement en prison, et pour longtemps. C’est l’un des plus lourds dilemmes que nous ayons eus à affronter. Nous connaissions la famille. Le jeune homme avait donné sa version des faits. Les parents prétendaient qu’il mentait. Il prétendait qu’ils mentaient. C’était une famille totalement déchirée, en souffrance totale, et nous nous sentions impuissants à les aider. C’est la justice qui, finalement, a eu la lourde tâche de déterminer qui mentait dans cette histoire. Mais lorsque la machine judiciaire s’est mise en marche, elle a écrasé tout le monde sur son passage.

Je crois, mais je suis peut-être naïve, que les familles ne sombrent pas dans de telles détresses du jour au lendemain. Parfois, le mensonge fait véritablement partie de la culture familiale. Dans certaines familles, le mensonge est tellement présent qu’il en devient pathologique. Les personnes finissent par se mentir à elles-mêmes. La simple mauvaise foi peut ainsi finir en paranoïa totale. Malheureusement, lorsqu’on cultive le mensonge comme un art de vivre, c’est la folie qui nous guette. S’en sortir est alors beaucoup plus difficile et cela nécessitera souvent l’intervention de médiateurs.

De plus, à partir du moment où l’on considère que certains mensonges sont acceptables, on se retrouve face à une lourde problématique : pourquoi certains mensonges seraient-ils acceptables et d’autres pas ? Quels sont les mensonges que l’on peut admettre et quels sont ceux que l’on doit juger inadmissibles ? Et pourquoi les parents auraient-ils le droit de mentir, par exemple, alors que les enfants n’ont pas le droit de le faire ? Cela n’a pas le moindre sens dans la tête d’un enfant.

Je revois cette mère de famille qui se lamentait parce que sa fille adolescente lui mentait, et même lui volait de l’argent. Et voilà qu’au cours de la même conversation, elle m’a dit qu’elle était très contente d’avoir trouvé un patron pour faire travailler sa fille durant l’été, même si c’était pour du “travail au noir”… J’avoue m’être mordue sur les lèvres en entendant cela. Elle reprochait à sa fille de lui mentir et de la voler, alors qu’elle encourageait cette même jeune fille à mentir aux services fiscaux et à voler l’État…

On ne peut tout simplement pas avoir deux poids deux mesures. Le meilleur moyen de ne pas avoir des enfants menteurs, c’est de ne pas mentir soi-même.

Les spécialistes ont déjà largement démontré à quel point les lourds secrets de famille, les tabous, les non-dits, et les mensonges étaient destructeurs pour les enfants. À l’inverse, la liberté, aussi douloureuse soit-elle, est libératrice. Françoise Dolto disait : « L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit. » Sans vérité, pas de culture familiale saine.

Alors, parents, cultivez la vérité. C’est l’un des meilleurs services que vous pouvez rendre à vos enfants. Et si vous êtes vous-mêmes empêtrés dans les mensonges, faites une première démarche de vérité en allant trouver une personne compétente et extérieure à votre situation avec qui vous pourrez vous entraîner à être vrais. Ce chemin ne sera pas simple, mais il en vaut la peine, vraiment.

Avez-vous des exemples de situations dans lesquelles la vérité a libéré votre famille ?

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Que fait-on quand on n’en peut plus ?

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vous vous sentez dépassé(e) en tant que parent.

J’ai dû me rendre à l’évidence récemment, et admettre ce terrible paradoxe : j’aime mes enfants, mais il m’arrive souvent de ne plus les supporter. Et, bien sûr, lorsque je ne les supporte plus, je culpabilise. Je devrais être capable de les supporter, non ? C’est la base, en tant que mère. Si vous êtes en train de me juger en ce moment précis, c’est probablement que vous n’avez pas d’enfant, ou alors des enfants extraordinairement sages, et dans ce cas, j’aimerais votre secret…

Moi, j’avoue que parfois, je suis gagnée par certaines envies inavouables au sujet de mes enfants. Comme la semaine dernière, lorsqu’ils se sont disputés dans la voiture pendant que je conduisais et que j’ai eu cette idée fulgurante dont je n’ai même pas eu honte. Je me suis dit : j’arrête la voiture, je les fais tous descendre, et je repars, en les laissant là, sur le bas-côté. Et j’en profite pour partir toute seule en week-end. Mais bon, la raison a repris le dessus…

Que fait-on quand on n’en peut plus ? Comment éviter de faire ou de dire à nos enfants des choses que nous regretterons profondément plus tard mais qui sont simplement le fruit de notre exaspération ? Permettez-moi de vous proposer quelques pistes basiques mais qui pourront peut-être vous aider un peu.

Piste n° 1 : Allez dormir. Reposez-vous. Lorsqu’un parent perd patience avec son enfant, c’est souvent parce qu’il ou elle est exténué(e). C’est le cas des parents qui empoignent trop violemment un nourrisson qui les réveille pour la dixième fois au cours de la même nuit… Les parents fatigués ne font pas de bons parents. Alors dormez. Si possible, instaurez avec vos enfants un rituel de temps calme en début d’après-midi où vous pourrez faire la sieste. À défaut, reposez-vous le week-end. Relayez-vous entre parents. Ou sollicitez quelqu’un qui emmènera votre tribu en balade pendant que vous reprendrez des forces. Faites une cure de sommeil de quelques jours en vous couchant tous les soirs à la même heure que vos enfants. Et tant pis pour les corvées. Votre santé est bien plus importante !

Piste n° 2 : Ne culpabilisez pas. Les enfants ont une énergie que les parents n’ont plus forcément. Et s’ils sont plusieurs, le défi est immense. Les canaliser, les éduquer, les stimuler requiert de la force. Chez nous, il y a 4 enfants, contre 2 parents. En termes d’énergie, le combat est largement inégal !!! Être à bout ne fait pas de nous des mauvais parents, mais des parents humains, tout simplement. Et que le parent qui n’a jamais craqué jette la première pierre à tous les autres parents de la Terre !

Piste n° 3 : Entourez-vous de personnes qui pourront vous aider. Aucun parent n’est parfait, et aucun parent n’est complet. Alors pourquoi ne pas mobiliser plusieurs autres adultes pour accompagner vos enfants dans les différents défis que la vie leur présente ? Un célèbre proverbe africain dit ceci : « Il faut tout un village pour élever un enfant ». Et c’est vrai. Un enfant qui peut côtoyer divers adultes dans divers contextes bénéficiera d’une éducation beaucoup plus variée et riche qu’un enfant évoluant dans une famille repliée sur elle-même et où toute la transmission repose sur les épaules de deux parents uniquement, voire d’un seul… De plus, lorsqu’un enfant apprend auprès des uns et des autres, cela permet à ses parents de souffler un peu. Je suis persuadée que l’individualisme de notre société favorise l’épuisement parental.

Personnellement, j’ai appris à demander de l’aide et à accepter l’aide que l’on me propose. Telle mamie va venir aider les enfants dans leurs devoirs pendant que je me repose…. Tel papi va emmener notre aîné à la pêche, ce qui réduira immédiatement le nombre de disputes entre nos enfants (quand il n’y a plus de bagarreurs, il n’y a plus de bagarres !) D’ailleurs ce même papi lui a appris à jouer aux échecs. Et c’est son capitaine, chez les Jeunes Sapeurs Pompiers, qui lui a appris… qu’il pouvait s’occuper lui-même de son linge ! Tel ami musicien va intégrer nos filles dans sa chorale où elles dépenseront un peu de leur immense énergie, telle voisine accueillera le plus petit l’espace d’une journée pour que mon mari et moi puissions profiter d’une sortie à deux, telle amie viendra m’aider pour le ménage, telle autre pour la couture, etc. Évidemment, nous leur renvoyons l’ascenseur. Nous accueillons souvent les enfants des autres. Et nous ne sommes pas perdants. Les nôtres sont bien plus serviables quand ils ont de la compagnie…

Bref, vous avez compris l’idée. Un parent dépassé doit passer le relais. Parfois, il suffit d’un peu d’aide, de quelques encouragements et d’une bonne nuit de sommeil pour repartir sur une bonne base.

Piste n° 4 : Dites la vérité à vos enfants. Sans leur faire de reproche, expliquez simplement à vos enfants ce que vous ressentez et ce que vous attendez d’eux, et ce dès leur plus jeune âge, avec des mots qu’ils peuvent comprendre. Il m’est arrivé plus d’une fois de dire à ma petite tribu : « Les enfants, vous savez que je vous aime, mais là je suis épuisée, je n’en peux plus. Je n’ai plus de force ce soir. Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Est-ce que vous pourrez vous débrouiller comme des grands ? » Et à chaque fois, ils ont été sensationnels. Je me souviens d’un soir où mes deux aînés m’ont faite asseoir sur le canapé, me ramenant un oreiller moelleux et une couverture douillette, pendant que la troisième me préparait des tartines et que le plus jeune me faisait des bisous. Dans ces instants-là, ma fragilité les a fait grandir. Et l’expression de leur compassion a été inoubliablement délicieuse ! Cela en valait la peine, vraiment.

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Et voici un article sur le burn-out maternel, pour approfondir la question.

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On pose des limites

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (et qu’il faut poser des limites)…

On pose des limites

Nous avons vu qu’il était judicieux d’affecter des espaces précis où les écrans pouvaient être utilisés (dans le salon, par exemple) et de délimiter d’autres espaces où les écrans sont bannis (à titre préventif, je conseille de bannir les smartphones dans les toilettes… j’ai pu vérifier que le temps moyen que passe un adolescent dans cette pièce-là est au moins triplé s’il emporte son téléphone, et par expérience toujours, je peux dire qu’un téléphone ne se remet pas très bien d’une chute dans la cuvette… En plus, certains enfants ont la drôle de manie de ressentir une envie pressante juste au moment où on leur demande de débarrasser la table. S’ils ont un smartphone ou une tablette dans les mains, vous aurez déjà débarrassé vous-même – par dépit – bien avant que votre enfant ne réapparaisse… Alors bannir les écrans au petit coin peut être utile. En revanche, laissez dans les toilettes à leur libre disposition quelques revues instructives, ou mieux encore, des cahiers de vacances !!! Quitte à ce qu’ils se défilent pour le débarrassage, autant que ce soit pour s’instruire un peu !)

Définir des espaces est une chose, mais il convient également de définir des temps. Et sur ce plan-là, le combat est certainement plus rude. Certains jeunes n’ont pas le sens de la mesure et sont véritablement incapables d’éteindre les écrans de leur propre initiative. Alors c’est à nous, parents, de prendre des mesures. Et sachez que toutes les minuteries et les contrôles parentaux du monde ne vaudront jamais votre propre surveillance. Faites des incursions surprises pendant que vos enfants sont sur les écrans et surtout effectuez des contrôles d’historiques inopinés. La vérité que vous découvrirez vous fera peut-être mal, mais au moins vous saurez où accentuer votre vigilance.

Les pédiatres recommandent que les jeunes ne passent pas plus de deux heures par jour devant les écrans (tous écrans confondus). En période scolaire, respecter cette limite peut s’avérer plus simple (sous réserve que les smartphones soient interdits dans l’école de vos enfants et que leurs professeurs utilisent des livres et un bon vieux tableau noir pour enseigner…). Car la soirée est relativement courte. Entre le goûter, les devoirs, les éventuelles activités extra-scolaires et le dîner, les écrans sont tout naturellement mis de côté au profit de réalités plus essentielles (à condition qu’on bannisse les écrans à table et qu’on ne les laisse pas à portée des enfants pendant qu’ils font leurs devoirs). Les choses se compliquent le week-end et pendant les vacances. C’est là qu’il nous faut être inventifs, parce qu’un écran éteint laisse un grand vide qu’il va falloir combler.

Dans ces cas-là, rien de tel que de faire sortir les enfants, en laissant tous les écrans à la maison. Une petite balade en forêt, un jeu d’extérieur, ou même une escapade brève chez le glacier du coin, ou encore une sortie à la bibliothèque, une visite surprise chez des proches qui habitent à deux pas, ou tout simplement une promenade avec le chien. C’est le moment de changer d’air, et de le faire avec l’enfant. Comme les écrans le coupent de la réalité et du lien social avec ses proches, il est important qu’au moment où les écrans sont éteints, ce soit précisément pour tisser de nouveaux liens, et que la solitude d’un jeune derrière son écran ne soit pas remplacée par un autre type de solitude. Il m’arrive d’emmener mon fils aîné pour un tête-à-tête dans un salon de thé. Je bois mon thé le plus lentement possible, tout en écoutant mon fils qui, ravi d’avoir sa maman rien que pour lui, se met tout à coup à me confier des choses dont j’ignorerais tout si je ne provoquais pas ce genre de rendez-vous occasionnels. Mon mari emmène souvent l’une de nos filles lorsqu’il a quelques courses à faire. Elle l’accompagne juste pour le plaisir d’être seule avec son père. Ce sont des petits moments précieux, et très simples à créer.

Il nous arrive aussi de présenter les écrans comme des « récompenses ». Le film du soir à regarder en famille récompensera un après-midi de grand ménage collectif (cela marche encore mieux si Louis de Funès est l’un des acteurs du film en question !) Les deux heures d’ordinateur ne seront autorisées que lorsque les devoirs ont été faits et vérifiés, et lorsque l’enfant a rangé sa chambre et fait son lit, etc. Si vous avez un garçon de 14 ans fan de films de super-héros et un petit dernier de 3 ans que vous voulez protéger des images violentes, vous aurez un argument supplémentaire pour veiller au grain. Chez nous, les X-men ne sont autorisés que pendant la sieste du petit frère. Il dort tout juste deux heures, ça tombe bien !

Finalement, c’est à chaque famille de définir les fonctionnements qui lui conviennent le mieux, avec plus ou moins de souplesse, selon les goûts et les caractères des uns et des autres. Le tout étant de garder le contrôle, et de remplacer les écrans par des choses que vos enfants aiment. Et pour cela, vous êtes vraiment les mieux placés pour savoir quoi faire. Bon courage !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Un dernier article intéressant (quoique utopique selon certains lecteurs…) À vous d’en juger.

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Quand les écrans deviennent nocifs

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (et que cela devient nocif)…

Quand les écrans deviennent nocifs

À moins de vivre dans une communauté autonome et coupée de notre monde moderne, c’est un fait, nous ne pouvons plus échapper à l’omniprésence des écrans. Ils ne nous servent plus seulement d’outil de divertissement (le bon vieux temps de la télévision cathodique et de la Game boy est bel et bien révolu), mais il semblerait qu’une vaste conspiration se soit mise en place pour que nous ne puissions bientôt plus rien faire sans eux. Notre habitat est aujourd’hui truffé d’écrans : les derniers robots ménagers sont dotés de pavés numériques, les baignoires et les cabines de douches sont devenues “intelligentes”, les téléviseurs sont intégrés dans les murs, etc. Nos relations sont numérisées : entre les appels visio, les mails, les sms, les achats en ligne et les courses en drive, les diagnostics médicaux que vous pouvez obtenir via une plateforme, et puis Facebook, Twitter, et j’en passe, bientôt nous ne nous verrons plus les uns les autres qu’à travers le filtre des écrans. Nous nous “verrons”, mais nous ne nous rencontrerons plus.

Une petite fille me disait il y a quelques mois : « Le matin, je déjeune avec mon papa. Mais il ne fait pas attention à moi. Il est sur son smartphone. Et quand j’essaie de parler avec lui, il me demande de ne pas le déranger et de me dépêcher de manger. » Triste ironie. Tragédie, même. Alors qu’il demeure sourd à la soif de relation exprimée par sa fille, ce papa est peut-être sur Facebook, consacrant toute son attention aux petits détails de la vie des… autres, et passant totalement à côté de l’essentiel. J’en ai vu, des papas, qui en ayant pris de l’âge, me disaient avec beaucoup de douleur : « Je n’ai pas vu grandir mes enfants. Je n’étais pas là. Comme je le regrette. » Et puis cette fillette, qui grandit avec l’impression que ce gadget numérique compte plus pour son papa que sa propre fille… C’est vraiment dommage. Être là pour nos enfants, chers parents, cela commence par savoir éteindre nos smartphones.

Comment sait-on que les écrans ont pris trop de place dans une famille ? Il y a quelques signes qui nous l’indiquent. D’abord, on ne se parle plus. Chacun est dans son monde, derrière son propre écran, des heures durant. Ensuite, par voie de conséquence, on ne partage plus d’activités collectives. (Si vous avez déjà vu l’un ou l’autre épisode de Super Nanny, vous aurez constaté que, dans pratiquement toutes les familles concernées par des difficultés d’obéissance des enfants, la télévision est plus ou moins allumée en permanence. Je savoure toujours cet instant où la nounou vient éteindre la télé et fait sortir tout le monde pour une balade.) Enfin, vous savez que les écrans sont devenus les maîtres lorsque vos proches deviennent hystériques ou agressifs s’ils sont privés de ces mêmes écrans. C’est un signal d’alarme. Un signe de manque. Et là, il faut prendre des mesures. Et ce n’est pas difficile à vérifier. Il suffit de tout éteindre, ne serait-ce qu’une journée. Et d’observer ce qui se passe…

Car, vous l’ignorez peut-être, mais les écrans sont des voleurs en puissance. Si nous les laissons faire, ils nous voleront notre temps, notre capacité d’attention, nos relations, notre sommeil, notre santé (et à long terme… notre vie ?) En plus, ils sont vicieux. Ils ne nous attaquent pas de manière flagrante, mais ils nous grignotent petit à petit. Un message en appelle un autre. Un article vous ouvre un lien vers un autre. Une photo vous accroche et vous voilà en train de lire un texte qui ne vous intéressait pas du tout au départ. La toile se tisse autour de nous, petites marionnettes inconscientes. Et si nous, parents, nous ne sommes pas assez forts pour arrêter cela, comment pouvons-nous exiger de nos enfants qu’ils y parviennent ?

Ainsi, voici le deuxième principe essentiel dans notre réflexion: nous devons garder le contrôle sur les écrans. Plutôt que de contrôler les enfants dans leur utilisation des écrans, je propose que nous contrôlions les écrans dans leur influence qu’ils exercent sur les enfants. Les enfants ne sont pas le problème. Le problème, ce sont les écrans, avec leur attrait et leur pouvoir.

Concrètement, d’un point de vue spatial (nous parlerons ultérieurement de la dimension temporelle), cela veut dire que les écrans ont une place qui leur est propre : la télévision a une place dans le salon, mais pas dans la chambre des enfants, parce que dans la chambre, elle s’immiscerait dans l’espace privé de l’enfant, alors qu’elle n’en a pas le droit (nous ne lui laisserons plus ce droit, la vilaine !). Le smartphone a une place qui lui est propre, éventuellement dans le cartable de l’enfant durant la journée, mais certainement pas dans la poche ou sur la table de nuit, à cause des ondes et de leurs effets néfastes sur la santé. Il n’a pas non plus sa place à table. Bref, nous définissons les espaces autorisés aux écrans et les espaces interdits. Les écrans sont un peu comme un enfant qui vous couperait la parole. (En particulier les smartphones qui disposent de ces fameuses notifications sonores qui nous font savoir qu’un message est arrivé et qui ont le chic de venir interrompre un grand nombre de conversations familiales !) Nous devons donc leur apprendre à se taire. Et si nous présentons les choses sous cet angle à nos enfants (c’est le portable qui est puni, ce n’est pas toi…), je vous assure que la pilule passe un peu mieux.

Allez, juste pour le plaisir, je vous propose ce petit exercice. Prenez votre smartphone, éteignez-le (lorsque vous aurez fini la lecture de cet article, bien sûr…) en lui disant : « Bye bye, c’est moi qui reprends le pouvoir. Je ne te rallumerai que lorsque JE l’aurai décidé ». Vous verrez, ça fait un bien fou. Et si vous ne pouvez pas envisager un seul instant d’éteindre votre téléphone, alors… vous devriez relire cet article.

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Si, dans une lecture ultérieure, vous voulez en savoir un peu plus sur les effets néfastes que les écrans provoquent sur la santé de nos enfants, je vous propose cet article… très édifiant.

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Se positionner face à la société

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (comme tout le monde !)

Se positionner face à la société

Récemment, j’ai rencontré un jeune commercial en informatique qui me parlait de son métier et s’étonnait de mon peu de connaissances dans ce domaine. Alors je lui ai expliqué que, contrairement à lui, je n’avais pas découvert internet au berceau (j’avais 16 ans quand j’ai vu un email pour la première fois de ma vie), et dans mon parcours professionnel, la seule formation majeure en informatique que l’on nous a dispensée consistait à nous enseigner l’art de créer un… powerpoint ! Ne riez pas, c’était tout un événement pour nous, à l’époque…

Lorsque je vois les tablettes, les smartphones, les ordinateurs portables, et tous les objets connectés déjà existants ou qui existeront bientôt, j’ai l’impression que notre monde a été happé dans un tourbillon technologique plus dangereux pour lui qu’il ne le réalise. Or, nous avons la responsabilité de donner des repères à nos enfants, alors que, dans ce domaine-là, nous n’en avons pas eus nous-mêmes ! C’est un sacré défi.

Tout le monde est à peu près d’accord sur l’importance théorique de limiter les écrans, mais dans la pratique, comment faire dans une société où tout devient numérique (même la déclaration d’impôts), et où les écrans viennent même remplacer les cartables de nos enfants ? Dans une société où même les articles qui dénoncent l’importance excessive des écrans sont publiés sur… internet !?

Vous trouverez (encore sur internet !!!) de nombreux articles sur le sujet qui vous donnent d’excellents conseils. Mais, si vous me le permettez, au cours des prochaines semaines, j’aimerais vous proposer les quelques principes essentiels que nous avons établis chez nous. Ils vous seront peut-être utiles, à vous aussi.

Et voici le premier principe : posez des limites dans l’acquisition de ces technologies. En d’autres termes, réfléchissez avant d’acheter. L’enfant n’est-il pas trop jeune ? Pas trop susceptible d’être happé par l’objet ? Capable d’en prendre soin ? D’en faire bon usage ? Etc. Car le meilleur moyen de ne pas passer trop de temps sur une tablette, un ordinateur ou un smartphone, c’est de ne pas en avoir !

Lorsque nos filles nous ont demandé des tablettes, nous les avons encouragées à faire des économies pour les acheter elles-mêmes. N’oublions pas que cela représente un budget considérable, et il est important que les enfants en prennent conscience. Nos filles ont donc précieusement économisé un euro après l’autre. Et un jour, elles ont déposé avec fierté toute leur petite monnaie devant une vendeuse en échange du précieux objet.

Or, une fois les précieuses tablettes en leur possession, l’une des tablettes… ne s’est pas remise d’un violent coup de coude qu’elle a reçu au cours d’une dispute, tandis que l’autre, qui avait tout de même vécu une année, n’a pas résisté à une chute d’1m20 de haut. Nous sommes allés voir un spécialiste en appareils numériques, et… après avoir entendu son diagnostic fatal et son pronostic plutôt onéreux pour opérer les deux engins, nous avons encouragé nos filles à… faire de nouvelles économies pour financer la réparation de leurs tablettes ou s’en acheter des nouvelles… À ce jour, elles n’en ont toujours pas. Je suis sûre que ces mésaventures nous ont permis de gagner quelques milliers d’heures sans écran. Et, cerise absolue sur le gâteau, notre fille aînée nous a dit récemment : « Finalement, je réalise que c’est bien de ne pas avoir de tablette. Quand j’en avais une, je passais beaucoup de temps sur l’écran et je ne jouais plus vraiment avec les autres. Ce n’était pas une bonne chose ! »… Instant de grâce..

Nos enfants ont également voulu des téléphones portables pour leur entrée au collège. Mais, dans un premier temps, nous avons investi dans des téléphones bas de gamme, non tactiles, et sans internet. Des téléphones qui permettaient uniquement de téléphoner, d’envoyer des sms et d’écouter un peu de musique. Nos enfants devaient nous prouver qu’ils savaient être soigneux avec ces téléphones basiques avant que nous envisagions d’acquérir des appareils plus performants (l’épisode des tablettes cassées a été un argument supplémentaire !). Et la décision s’est avérée sage. Le premier téléphone de notre aîné est passé à la machine à laver (oups), tandis que le premier téléphone de notre cadette a essuyé un nouveau coup de coude (décidément !). À deux reprises, les enfants ont égaré les téléphones au collège, mais ils les ont retrouvés sans problème à la vie scolaire le lendemain, car personne ne vole des téléphones aussi rudimentaires (au contraire, j’imagine que ces téléphones font tellement pitié à ceux qui les retrouvent qu’ils les rapportent immédiatement aux objets trouvés !)

Nos enfants se sont-ils plaints de ne pas avoir le même téléphone génial et ultra-moderne que leurs copains ? Oui, bien sûr, au début. Mais vous savez quoi ? J’ai découvert que nous avons le droit de dire « non » à nos enfants. Et aussi que nous ne sommes pas du tout obligés de faire comme tout le monde. Je crois que c’est notre capacité à dire « non » quand tout le monde dit « oui » qui fait de nous de bons parents. Nos enfants garderont le souvenir de parents non influençables, solides et avisés. À défaut de la technologie dernier cri, nous leur offrons un exemple parental d’anticonformisme et de liberté. Et peu à peu, ils se positionnent eux aussi de manière libre par rapport à notre monde. Ils réalisent que le vrai luxe, ce n’est pas de posséder des choses, mais d’être capable de ne pas avoir besoin de tout ce qui semble tellement indispensable aux autres.

Et quand vous l’aurez lu, faites-moi plaisir, éteignez votre écran et allez jouer avec vos enfants. Merci pour eux !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Pour poursuivre la réflexion sur la place des écrans dans la vie des jeunes enfants, je vous propose cet article.

 

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Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (sans vraiment s’en rendre compte…)

Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Un soir, notre petit dernier de deux ans et demi, qui avait passé la journée à la crèche, m’a dit de façon totalement neutre que l’une des nounous lui avait mis une tape sur les fesses. Vous imaginez le malaise. Il me semblait improbable que mon fils mente à ce sujet, parce que je le sais très attentif à ce genre de contacts physiques (mais en même temps, en tant que parents, nous ne sommes pas toujours très lucides sur ce dont nos enfants sont capables en termes de mensonges…) D’un autre côté, cela me semblait tout aussi improbable que sa nourrice ait fait une chose pareille. Bref, le lendemain, j’ai pris mon courage à deux mains, et, en faisant l’innocente, j’ai dit à la nounou : « Euh…. Mon fils m’a dit que… vous lui aviez mis une tape sur les fesses… Est-ce que vous pourriez me dire ce qui s’est passé ? » La nounou avait vraiment l’air de ne pas savoir de quoi je lui parlais. Puis, en y réfléchissant un peu, elle m’a répondu : « Ah, mais oui… il était tout joyeux et il est passé près de moi en se dandinant, alors je l’ai tapoté sur la couche… c’était affectueux !! » Ouf ! Grand soulagement. Mon fils n’avait pas “vraiment” menti, dans le sens où il avait été vrai dans sa perception de l’événement. Mais au fond, il n’avait pas compris l’intention derrière le geste, et je suis très heureuse que nous ayons dissipé ce malentendu avec sa nounou.

Pour éviter ce type de malentendus, lorsque les dires de nos enfants impliquent des personnes extérieures à la famille, nous avons pour habitude de confronter leurs dires avec la perception que ces autres personnes peuvent avoir de la situation, comme avec l’épisode de la nounou.

L’une de nos filles avait régulièrement l’habitude de nous dire, en rentrant de l’école, que telle copine l’avait invitée à la rejoindre au terrain de jeux. Nous avions enregistré les numéros de téléphone de tous les parents de ses copines, alors il suffisait d’un sms pour en avoir le cœur net. « Il paraît que ta fille a invité la mienne au terrain de jeux ? C’est vrai ? » Souvent, la maman concernée nous répondait : « Ah, je n’ai pas eu la même version. Moi, on m’a dit que c’était la tienne qui avait invité la mienne… » Moralité, elles mentaient un peu toutes les deux… car elles s’étaient concertées, en fait. Elles s’étaient mises d’accord sur l’essentiel (le terrain de jeux), mais elles étaient restées floues sur les modalités (« c’est toi qui invites ou c’est moi ? »).

Parfois, les enfants ne mentent pas… ils exagèrent. Surtout lorsqu’ils sont un peu fantasques ou qu’ils ont une imagination débordante. Je me souviens d’un soir où j’avais bu un petit verre de sangria (chose qui ne m’est pas très habituelle parce que je ne supporte pas bien l’alcool). J’ai très vite senti ma tête tourner, et comme les enfants avaient eu une semaine morose et que je voulais détendre l’atmosphère, je me suis montrée d’humeur particulièrement joyeuse, et j’avoue que la sangria m’a un peu aidée. Sauf que… le lendemain, ma fille a raconté notre soirée à tout un groupe d’amis, et en à peine quelques heures, j’étais devenue une alcoolique notoire ! Autant vous dire que j’ai tenté de rétablir la vérité… mais je ne suis pas du tout certaine d’y être parvenue, car qui va croire une personne soupçonnée d’alcoolisme et qui vous dit : « Mais non, je ne bois pas… »

Dans le même ordre d’idées, en une certaine occasion où nous avions refusé certaines choses aux enfants parce que nous “n’avions pas les sous” pour répondre à tous leurs désirs, ils ont raconté à nos amis que nous croulions sous les dettes et que nous étions profondément désespérés… Là encore, nous avons rectifié les choses, et cette fois-ci, les amis ont dû nous croire parce que personne ne nous a fait de chèque…

Face à ces débordements du langage, nous veillons à rétablir la vérité autant que possible. Et, bien sûr, nous expliquons à nos enfants quel est le poids des mots, et jusqu’où ils peuvent nous entraîner. C’est un travail de longue haleine, mais nous avons bon espoir…

Avez-vous vécu des épisodes où vous auriez préféré que vos enfants se taisent… ? Je serais très curieuse de les entendre..

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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On passe à l’action

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (et que vous voulez les aider à ne plus le faire…)

On passe à l’action

Je me souviens d’un incident savoureux qui a eu lieu lorsque j’étais petite. Mon père s’est aperçu que le fil électrique de la lampe de la cuisine avait été sectionné. Il nous a tous interrogés à ce sujet. Évidemment, ce n’était personne. Il y avait donc un enfant qui mentait, parce que tout le monde sait bien qu’un fil électrique ne se coupe pas tout seul… Mon père a alors examiné le fil et déclaré : « Hum, j’ai l’impression que cette coupure a été faite avec un couteau… » et voilà que mon frère s’est mis à crier : « Mais non, je n’ai pas pris un couteau, j’ai pris des ciseaux ! ». J’ignore si mon père a tout découvert par pure coïncidence ou si c’était un grand coup de génie, mais ça a fonctionné.

Nous avons vu qu’il valait mieux pour un enfant qui a menti d’être démasqué le plus vite possible. Mais tous les enfants n’admettent pas qu’ils ont menti avec la même facilité. Certains ont la conscience extrêmement sensible et ils avouent d’eux-mêmes la moindre de leurs bêtises. Mais d’autres sont capables d’une mauvaise foi à toute épreuve. Je revois l’un de nos enfants qui venait d’en taper un autre sous les yeux de toute la famille et qui nous a dit, au moment où nous lui faisions des remontrances : « Quoi ? Mais je n’ai rien fait ! »…

Alors comment réagir ?

L’une des stratégies possibles, surtout avec un enfant qui cultive la mauvaise foi, consiste à “entrer dans son jeu” et à pousser l’absurde le plus loin possible, jusqu’à ce que ce ne soit plus tenable, que l’enfant craque et avoue (mais certains enfants ne craqueront jamais..). Ainsi, le fils de ma voisine a un jour allumé sa console de jeux en cachette. Elle l’a bien sûr questionné. « Non, je n’ai rien fait », lui a répondu son fils, comme on pouvait s’y attendre. Elle savait très bien qu’il lui mentait. Alors elle lui a dit : « Ah, ben mince alors, la console s’allume toute seule, elle doit avoir un problème, je vais la rapporter à la boutique et demander à un technicien de l’examiner… » Puis elle a pris la console qu’elle a laissée cachée dans sa voiture un certain nombre de jours… jusqu’à ce que son fils craque et avoue tout, trop impatient de récupérer sa console ! Cette stratégie est assez intéressante, et ce jeune a subi la fâcheuse conséquence d’être privé du jeu pour lequel il avait menti, à l’origine. C’était une manière de lui faire comprendre que, s’il ment, il existe un risque que les gens le croient, et agissent en conséquence. Cela dit, il me semble que cette stratégie devrait être employée avec des pincettes. Elle peut fonctionner ponctuellement avec des enfants qui comprennent l’ironie et qui ne prendront pas leurs propres parents pour des menteurs suite à de telles cachotteries. Mais de manière générale, mentir à un enfant pour l’aider à sortir du mensonge n’est certainement pas la meilleure des approches à long terme.

Une autre stratégie, peut-être moins fine, mais qui a fait ses preuves chez nous, consiste à placer les enfants face à l’une des conséquences tragiques de leurs mensonges, à savoir la perte de notre confiance. Si, d’un côté, les enfants mentent pour éviter les ennuis, d’un autre côté, ils sont très demandeurs de notre confiance. Je me souviens d’un échange que j’ai eu avec mon aîné : « Enfin, maman, tu peux me faire confiance, non ? Tu sais que je fais mes devoirs. » Et je lui ai répondu : « Je regrette, la semaine dernière, tu m’as juré que tes devoirs étaient faits et ensuite, j’ai trouvé un mot d’un professeur signalant que tu n’avais pas fait ton exercice de maths… Tu ne m’as donc pas prouvé, pour l’instant, que je pouvais te croire lorsqu’il s’agit de tes devoirs. Que ferais-tu à ma place ? Je voudrais bien te croire, mais… » Le placer face à mon dilemme parental, et en définitive face à sa propre incohérence, est quelque chose qui l’a certainement aidé. Son envie de regagner notre confiance a sans doute triomphé, puisque, non seulement nous n’avons plus eu à déplorer de devoirs non faits à partir de ce moment-là, mais en plus, lorque nous lui demandions s’il avait fait ses devoirs, il avait désormais l’honnêteté d’admettre qu’il n’en avait fait qu’une partie et qu’il lui en restait encore quelques-uns… Il a peu à peu assimilé le fait que, moins il ment, plus nous lui faisons confiance, et plus nous lui faisons confiance, plus nous lui accordons de liberté !

Quelle que soit la stratégie, l’optique reste toujours la même : l’enfant cessera plus facilement de mentir s’il a véritablement conscience que mentir n’est absolument pas dans son intérêt.

Avez-vous d’autres stratégies à proposer pour aider un enfant à ne plus mentir ? Nous sommes preneurs…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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ET LA LINGÈRE DANS TOUT ÇA ?

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque le style vestimentaire de vos enfants vous déconcerte (par tout le travail qu’il vous donne)…

ET LA LINGÈRE DANS TOUT ÇA ?

Mes trois aînés viennent de partir à l’école. Ouf ! Il est à peine huit heures du matin et je suis déjà épuisée. Un grand vent de silence envahit la maison. C’est bienfaisant, et en même temps, ce passage brutal de la vie exubérante au calme profond me déprimerait presque… Heureusement, il me reste encore le petit dernier pour égayer l’atmosphère. Je l’entends taper de toutes ses forces dans son petit ballon de foot. Puis il crie : « But ! ». Il rejoue la Coupe du monde à lui tout seul. Et bien sûr, il gagne !

J’en oublierais presque qu’il y a à peine dix minutes, mes grands faisaient des allers-retours tapageurs entre leurs chambres et la salle de bain, se regardant dans le miroir à plusieurs reprises, ouvrant porte et fenêtres pour tenter de décrypter la météo et savoir quelle tenue porter. Dans l’épisode d’aujourd’hui, mon grand de 14 ans a décidé de porter un bermuda, avec… un gros pull et un cache-cou (non, moi non plus, je n’ai pas compris…), et ma troisième a voulu remettre son sempiternel survêtement, auquel elle tient tellement qu’elle va même jusqu’à le décrocher encore mouillé pour s’emparer du sèche-cheveux et accélérer le séchage, puis elle enfile en douce son pantalon encore humide avant de déguerpir en lâchant un vague : « Salut maman ! »…

Enfin, il y a ma cadette. Elle est descendue ce matin vêtue sobrement. Elle était jolie. La tenue était de saison. C’était la même tenue qu’hier et je me suis dit : « Chouette, aujourd’hui, elle m’économise un peu de lessive ! ». Mais, ô rage, ô désespoir, lorsque je suis montée dans sa chambre tout à l’heure, la jolie tunique qu’elle portait au petit déjeuner gisait, inerte, sur son grand lit… Elle s’est donc changée à mon insu, in extremis, juste avant de partir. (Tiens, cela me fait penser que je n’ai pas vérifié le brossage des dents, ce matin ! Erreur de débutante !) Donc… je ne sais même pas ce que ma fille a mis ce matin. Elle est remplie de fantaisie et capable de tout, donc je m’attends au pire, ou au meilleur, ou à rien du tout. En fait, je m’attends surtout à une nouvelle corbeille de linge sale dès ce soir, au vu de tous les autres vêtements qui jonchent le sol de sa chambre. Ma machine peut accueillir 9 kg de linge, et elle tourne.. au moins une fois par jour. La vie est belle !

On fait un tour dans les deux autres chambres ? Allez, on y va. Monumentale erreur. Le tableau est le même dans les autres pièces. Des monticules de serviettes mouillées, chaussettes en boule, pantalons aplatis. Il y a du linge sur le sol, sur les rebords de fenêtres, sous les lits et sur les meubles. Tout bouillonne dans ma tête. D’abord je pense : « Mais qu’est-ce que je suis nulle, comme mère. Je les ai trop mal élevés ». Ensuite je pense : « Ben oui, ils sont comme leur père ». (Pardon, mon chéri..) Et enfin je pense : « Mais non, c’est de leur faute, cette bande de petits ingrats qui me donnent tellement de travail ! ». Puis : « Bon, peut-être qu’un jour ils comprendront. En attendant, je fais mon job. Qu’est-ce que je suis une bonne mère ! ». Et enfin, je me dis : « Un jour ils quitteront la maison et je n’aurai plus autant de travail. Youpi. Mais qu’est-ce qu’ils me manqueront. Snif.. » Le temps de me dire tout ça, bien sûr, tout est ramassé, empaqueté, et dans la machine… Je suis géniale, non ? Ben non… je suis encore tombée dans le panneau. J’ai tout fait à leur place !

Mon dernier principe vestimentaire, c’est le respect de la lingère, vous l’avez compris. Mais attention, ce respect ne viendra pas des autres, donc c’est à vous, Mesdames les lingères, de vous respecter. Pour cela, chacune trouve ses astuces. Un bac à linge personnalisé pour chaque enfant, un tour de corvée pour savoir qui ramassera ou accrochera le linge. Une maman me disait qu’elle n’ouvrait jamais les placards de ses enfants. Une autre qu’elle n’allait même plus dans leur chambre. J’ajoute que, la plupart des mamans de familles nombreuses que je connais se dispensent (sans culpabiliser, s’il-vous-plaît) du repassage. J’ai moi aussi opté pour cette facilité. Bien accroché, soigneusement décroché et plié, votre linge n’a plus besoin de voir un fer. De toute façon, soyons honnêtes, le linge que vous aurez amoureusement repassé pour vos bambins ne tiendra pas deux jours sans être à nouveau roulé en boule dans un placard. Dans ces cas-là, repasser, c’est du masochisme. Gardez un fer pour les chemises du papa, à la rigueur. Ou apprenez-lui à les repasser lui-même. (Ne riez pas, c’est mon père qui m’a appris à repasser !)

Bref, une chose est sûre, c’est que si vous voulez que vos enfants fassent les choses, vous devrez veiller au grain, et cette vigilance même vous donnera du travail supplémentaire, alors insistez sur les principes auxquels vous tenez vraiment, et relâchez la pression sur les principes secondaires, c’est une question de survie…

N’hésitez pas à nous faire part de vos astuces en la matière. Tous les conseils sont bons à prendre…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


> Pour une synthèse sur l’éducation vestimentaire

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Quand l’argent manque

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…
…vous voulez transmettre à votre enfant une vision réaliste de l’argent.

 

Dès leur plus jeune âge, nos enfants peuvent apprendre à gérer l’argent. Par notre accompagnement constant mais serein, en leur confiant des petites sommes dès que possible, nous pouvons les aider à poser les bases d’une future relation saine avec leur porte-monnaie. Mais… que fait-on lorsque l’argent manque ? Responsabiliser un enfant, oui mais… encore faut-il avoir les moyens de le faire ! Si vous êtes dans une situation financière délicate, ne vous découragez pas. Parfois, les périodes difficiles sont idéales pour transmettre à vos enfants les leçons de vie les plus précieuses.

Alors voici quelques astuces (gratuites !) rien que pour vous :

• Soyez honnêtes avec vos enfants. Je crois qu’il ne faut pas cacher aux enfants que vos fins de mois sont difficiles. Pour autant, inutile d’être ultra-alarmistes et de les effrayer en leur disant : « Le frigo est vide, nous devons 300 000 euros à notre banquier, et je ne sais pas comment payer les réparations de la voiture… » Laissez-leur un peu d’innocence et évitez les détails les plus angoissants… Mais vous pouvez leur dire, en toute simplicité, que vous vivez une période délicate et qu’il va falloir faire certains efforts pour que cette période ne soit que passagère. Votre enfant peut très bien le comprendre, et ainsi, lorsque vous refuserez de lui acheter tel jouet ou de lui offrir telle sortie, il saura pourquoi ! D’ailleurs, il vous surprendra peut-être par un élan de maturité. En effet, vous venez de lui faire part d’un problème de “grands”, et il se peut fort qu’il y réagisse avec la maturité d’un grand…

• Et pourquoi ne pas montrer certaines factures à vos enfants ? Récemment, alors que je faisais les comptes, mon fils de 14 ans a vu par hasard notre facture de chauffage. Il était abasourdi de voir que la facture se chiffrait en centaines d’euros alors qu’il en a tout juste quelques dizaines dans sa tirelire. « Vous payez si cher pour le chauffage ? » J’ai souri intérieurement et je lui ai répondu, pour enfoncer le clou : « Et encore, cette facture ne correspond qu’à un semestre ! » Il est reparti, tout penaud, et j’ai bien vu qu’il venait de prendre conscience de quelque chose d’important… et de mettre un petit pied dans la réalité…
• Vous pouvez faire les courses avec vos enfants et leur apprendre à lirer les étiquettes, à comparer les prix et à définir ce qui leur semble “cher”. En expliquant à un enfant : « Je vais prendre un kilo de pommes plutôt qu’un kilo de fraises parce que les pommes reviennent moins cher », vous lui apprenez à dépenser astucieusement. Je revois l’une de mes filles me dire avec fierté : « On m’a proposé une tombola mais je ne l’ai pas prise parce qu’elle coûtait 3 euros, c’était beaucoup trop cher ! ». Cerise sur le gâteau, en emmenant vos enfants faire les courses, vous leur faites réviser leurs maths. Rien de tel qu’un budget serré pour être obligés d’additionner et… de soustraire !

• Associez vos enfants aux efforts familiaux. Lorsque l’argent manque, on réfléchit davantage avant chaque dépense. Saississez cette occasion pour dialoguer avec vos enfants et distinguer le nécessaire du superflu. Ils auront peut-être envie de revendre certains jeux dont ils ne se servent plus, ou de renoncer à certaines choses peu utiles. Ils ont parfois des idées extraordinaires pour aider la famille à s’en sortir. (« On n’a plus d’argent, maman ? C’est pas grave, il suffit d’en acheter… ») Vous pouvez aussi partager avec eux certains frais : « Je te paie la robe dont tu as besoin, mais si tu veux des accessoires, il faudra que tu les achètes avec l’argent de ta tirelire. » J’ai fait cette expérience. Il restait de l’argent à ma fille après nos achats, et elle a décidé… d’offrir une glace à sa maman.

Vous l’avez compris, le manque d’argent peut être un tremplin dans l’éducation financière de vos enfants et un beau vecteur de cohésion familiale. Et parfois, c’est le manque d’argent qui fait le bonheur…

Vous voulez nous faire part de votre expérience ? Vous avez d’autres trucs et astuces à proposer ?
N’hésitez pas, c’est à vous : ….

Par Anne-Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Économies et dépenses

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…
…vous voulez transmettre à votre enfant une vision réaliste de l’argent.

Ça y est. Votre enfant a quelques pièces dans sa tirelire. Cet argent ne demande qu’à être dépensé, pas vrai ? D’ailleurs l’enfant comprend très vite toute la liberté que l’argent lui offre…

Je revois le sac rempli de friandises que mon aînée a rapporté du collège en me disant, fièrement : « J’étais au supermarché et je n’ai dépensé QUE trente euros !!! » Nous étions ravis, bien sûr…

Alors, quelques suggestions pour aider nos enfants à gérer leur « fortune » :

  • L’argent dépensé nous dit ce qui compte à nos yeux. Lorsqu’un enfant dépense 30 euros en sucreries, puis donne 1 euro pour la Croix-Rouge, on comprend très vite où sont ses priorités ! C’est à nous, parents, de montrer à nos enfants ce qui compte vraiment. Encore faut-il que les valeurs que nous défendons soient conformes à l’usage que nous faisons nous-mêmes de notre argent ! C’est une réalité que vous pouvez très facilement déterminer, il vous suffit de lister très honnêtement vos propres dépenses…. Vous aurez peut-être la désagréable surprise de constater que votre enfant, dans ses choix de dépenses, ne fait que vous imiter ! Eh oui, notre utilisation de l’argent trahit notre cœur…

  • Il vaut mieux confier très peu d’argent à un enfant qui n’est pas encore en mesure de le gérer. Les sommes les plus importantes peuvent rester dans une tirelire rangée quelque part, ou placées sur un compte épargne. La somme confiée augmente lorsqu’on constate que l’enfant sait être sage dans la gestion de l’argent qu’il possède déjà. On peut d’ailleurs l’expliquer à l’enfant : « Regarde, je t’ai donné cinq euros que tu as dépensés en à peine deux minutes… Cela me montre que je ne peux pas te confier davantage pour l’instant… »

  • On peut aider l’enfant à s’organiser. Certaines familles ont pour principe de donner trois petites boîtes à chacun de leurs enfants pour les aider à « placer » l’argent, qui est alors réparti en trois parts (pas nécessairement égales) : épargne, dons et dépenses. Ou, pour être plus concret pour les enfants : projets, cadeaux et… liberté !

  • La cagnotte « cadeaux », qui peut aussi être reversée à des associations caritatives, permet aux enfants de pouvoir être spontanément généreux (d’acheter eux-mêmes les cadeaux pour leurs copains lorsqu’ils sont invités à des anniversaires… par exemple.)

  • Parce que l’idée d’épargne est abstraite, il peut être utile d’avoir des projets précis. Épargner, c’est attendre, et ce n’est pas facile pour un enfant. Alors, déterminer avec l’enfant un objectif d’achat (un jouet, un vélo..) permet de donner du sens à cette attente. Et quelle fierté lorsque l’enfant peut enfin acheter ce dont il rêvait, avec son propre argent si durement amassé !!!

Par Anne-Vanessa Bonnefont pour iCharacter

Vous voulez nous faire part de votre expérience ? Vous avez d’autres trucs et astuces à proposer ?

N’hésitez pas, c’est à vous : ….