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On passe à l’action

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (et que vous voulez les aider à ne plus le faire…)

On passe à l’action

Je me souviens d’un incident savoureux qui a eu lieu lorsque j’étais petite. Mon père s’est aperçu que le fil électrique de la lampe de la cuisine avait été sectionné. Il nous a tous interrogés à ce sujet. Évidemment, ce n’était personne. Il y avait donc un enfant qui mentait, parce que tout le monde sait bien qu’un fil électrique ne se coupe pas tout seul… Mon père a alors examiné le fil et déclaré : « Hum, j’ai l’impression que cette coupure a été faite avec un couteau… » et voilà que mon frère s’est mis à crier : « Mais non, je n’ai pas pris un couteau, j’ai pris des ciseaux ! ». J’ignore si mon père a tout découvert par pure coïncidence ou si c’était un grand coup de génie, mais ça a fonctionné.

Nous avons vu qu’il valait mieux pour un enfant qui a menti d’être démasqué le plus vite possible. Mais tous les enfants n’admettent pas qu’ils ont menti avec la même facilité. Certains ont la conscience extrêmement sensible et ils avouent d’eux-mêmes la moindre de leurs bêtises. Mais d’autres sont capables d’une mauvaise foi à toute épreuve. Je revois l’un de nos enfants qui venait d’en taper un autre sous les yeux de toute la famille et qui nous a dit, au moment où nous lui faisions des remontrances : « Quoi ? Mais je n’ai rien fait ! »…

Alors comment réagir ?

L’une des stratégies possibles, surtout avec un enfant qui cultive la mauvaise foi, consiste à “entrer dans son jeu” et à pousser l’absurde le plus loin possible, jusqu’à ce que ce ne soit plus tenable, que l’enfant craque et avoue (mais certains enfants ne craqueront jamais..). Ainsi, le fils de ma voisine a un jour allumé sa console de jeux en cachette. Elle l’a bien sûr questionné. « Non, je n’ai rien fait », lui a répondu son fils, comme on pouvait s’y attendre. Elle savait très bien qu’il lui mentait. Alors elle lui a dit : « Ah, ben mince alors, la console s’allume toute seule, elle doit avoir un problème, je vais la rapporter à la boutique et demander à un technicien de l’examiner… » Puis elle a pris la console qu’elle a laissée cachée dans sa voiture un certain nombre de jours… jusqu’à ce que son fils craque et avoue tout, trop impatient de récupérer sa console ! Cette stratégie est assez intéressante, et ce jeune a subi la fâcheuse conséquence d’être privé du jeu pour lequel il avait menti, à l’origine. C’était une manière de lui faire comprendre que, s’il ment, il existe un risque que les gens le croient, et agissent en conséquence. Cela dit, il me semble que cette stratégie devrait être employée avec des pincettes. Elle peut fonctionner ponctuellement avec des enfants qui comprennent l’ironie et qui ne prendront pas leurs propres parents pour des menteurs suite à de telles cachotteries. Mais de manière générale, mentir à un enfant pour l’aider à sortir du mensonge n’est certainement pas la meilleure des approches à long terme.

Une autre stratégie, peut-être moins fine, mais qui a fait ses preuves chez nous, consiste à placer les enfants face à l’une des conséquences tragiques de leurs mensonges, à savoir la perte de notre confiance. Si, d’un côté, les enfants mentent pour éviter les ennuis, d’un autre côté, ils sont très demandeurs de notre confiance. Je me souviens d’un échange que j’ai eu avec mon aîné : « Enfin, maman, tu peux me faire confiance, non ? Tu sais que je fais mes devoirs. » Et je lui ai répondu : « Je regrette, la semaine dernière, tu m’as juré que tes devoirs étaient faits et ensuite, j’ai trouvé un mot d’un professeur signalant que tu n’avais pas fait ton exercice de maths… Tu ne m’as donc pas prouvé, pour l’instant, que je pouvais te croire lorsqu’il s’agit de tes devoirs. Que ferais-tu à ma place ? Je voudrais bien te croire, mais… » Le placer face à mon dilemme parental, et en définitive face à sa propre incohérence, est quelque chose qui l’a certainement aidé. Son envie de regagner notre confiance a sans doute triomphé, puisque, non seulement nous n’avons plus eu à déplorer de devoirs non faits à partir de ce moment-là, mais en plus, lorque nous lui demandions s’il avait fait ses devoirs, il avait désormais l’honnêteté d’admettre qu’il n’en avait fait qu’une partie et qu’il lui en restait encore quelques-uns… Il a peu à peu assimilé le fait que, moins il ment, plus nous lui faisons confiance, et plus nous lui faisons confiance, plus nous lui accordons de liberté !

Quelle que soit la stratégie, l’optique reste toujours la même : l’enfant cessera plus facilement de mentir s’il a véritablement conscience que mentir n’est absolument pas dans son intérêt.

Avez-vous d’autres stratégies à proposer pour aider un enfant à ne plus mentir ? Nous sommes preneurs…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Mais pourquoi mentent-ils ?

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…
vos enfants vous mentent (oui, il arrive que les enfants mentent…)

PREMIERE PARTIE : Mais pourquoi mentent-ils ?

C’est systématique. Je demande : « Est-ce que vous avez fait vos devoirs ? » et les enfants me répondent. « Oui, déjà faits », puis je regarde sur la plateforme internet de leur collège, et il y a tout un tas d’exercices dont ils “ignoraient” l’existence… Les enfants me disent « oui », mais en fait, non. As-tu brossé tes dents ? « Oui », mais les brosses à dents sont sèches. As-tu rangé ton linge ? « Oui » et effectivement, quelques vêtements ont été ramassés, mais il reste quelques chaussettes (insoumises, les vilaines) qui n’ont pas eu la gentillesse de sauter toutes seules dans la corbeille à linge…

Un jour, j’ai très honnêtement interrogé mon fils à ce sujet. « Tu me dis “oui”, mais c’est faux. Alors, pourquoi me mens-tu ? », et il m’a tout aussi honnêtement répondu que, la plupart du temps, il… ne m’écoutait pas, mais se contentait de répondre « oui » parce qu’il sentait bien que c’était la réponse que j’attendais et qu’en me donnant cette réponse, il espérait bien avoir… la paix. (J’espère que le jour où il se retrouvera devant Monsieur le maire et qu’on lui demandera s’il veut épouser Mademoiselle Unetelle, il réfléchira quand même un peu à sa réponse !) La bonne nouvelle, c’est que mon fils n’est pas, fondamentalement, un menteur. La mauvaise, c’est qu’il ne m’écoute pas. Mais ça, ce n’est pas un scoop.

Il me semble que la plupart du temps les enfants mentent surtout par convenance, parce que c’est pratique. Parfois, ils le font même sans réfléchir. Ce n’est pas nécessairement malveillant de leur part, et parfois ils ne voient même pas ce qu’il y a de mal à cela. S’ils prétendent que leur travail est déjà fait, c’est une façon d’éviter d’avoir à le faire…

Les enfants mentent aussi par peur des punitions. C’est vieux comme le monde, cette histoire. Vieux comme le jardin d’Éden. Dire que « c’est certainement l’autre et en tous cas pas moi », c’est une façon de ne pas assumer ses bêtises.

Il faut quand même veiller au grain, parce que mentir peut devenir une habitude, avec des conséquences qui peuvent être très lourdes. Alors je vous propose d’examiner, dans les quelques articles à venir, quelques stratégies possibles pour gérer les petits ou gros mensonges des enfants.

La première stratégie repose sur cette assurance que la vérité finit toujours par éclater (ou du moins dans l’immense majorité des cas). L’enfant finira par être démasqué ou subir les conséquences de ses mensonges. Tôt ou tard, la vérité le rattrapera (mieux vaut tôt que tard, mais certains enfants ont besoin de pousser le bouchon au maximum avant de tirer des leçons de leurs erreurs…)

Je me souviens de mon frère qui avait volé la gomme d’une enseignante. Il a ensuite prétendu que c’était un cadeau de cette même enseignante. Ma maman, qui n’était pas dupe, lui a répondu : « Oh, mais c’est gentil de sa part. Tu viens ? On va aller la remercier pour cette jolie gomme ! », après quoi mon frère, pris de panique, a avoué : « Mais non, en fait… je l’ai volée… » Du coup, ils sont tout de même allés voir l’enseignante, pour que mon frère avoue son “crime” et rende la gomme. Il n’était pas très fier, c’est sûr.

Le meilleur service que l’on puisse rendre à un enfant qui ment, c’est de le démasquer le plus vite possible et de le lui faire savoir. Personnellement, je ne me prive pas de faire comprendre à mes enfants que je sais ce qu’ils ont fait, que je les ai vus ou entendus, que je ne suis pas née de la dernière pluie. « Mais maman, tu as des yeux derrière la tête ou quoi ? » Et je leur révèle parfois ce qui les a trahis. (Mais pas trop, parce que je ne voudrais pas qu’ils perfectionnent leur art du mensonge…)

Sans méchanceté ni humiliation, avec autant de bienveillance que possible, nous pouvons leur faire savoir que… nous savons. C’est leur ouvrir la porte pour qu’ils s’expliquent. Nous pouvons ainsi titiller leur conscience et leur faire intégrer l’idée que rien ne peut “véritablement” se faire en cachette, et que, par conséquent, croire qu’on peut mentir pour s’en sortir est une illusion, car croire que le mensonge est une solution, c’est déjà un mensonge ! Alors, si nous parvenons à faire comprendre à nos enfants que le mensonge ne résout rien, nous aurons déjà posé un très beau fondement pour leur avenir.

Vos enfants ont-ils déjà cru qu’ils pourraient vous mentir sur des énormités ? Racontez-nous…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Votre enfant a volé quelque chose dans un magasin

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…

…votre enfant a volé quelque chose dans un magasin.

Notre petit garçon n’avait que quatre ans. Nous faisions quelques courses en le surveillant du coin de l’œil, le laissant parcourir les allées de ce petit supermarché quasiment désert. Tout à coup, sa démarche nous a surpris. Il marchait bizarrement, le bras tendu le long du corps et la main plaquée contre une poche qui semblait anormalement volumineuse. Nous avons vite découvert qu’il avait caché dans sa poche un gros œuf en chocolat, provenant d’un paquet d’œufs qu’il avait éventré dans le rayon voisin. Techniquement, ce n’était pas du vol puisque nous n’avions pas encore franchi la caisse. Mais cette subtilité juridique ne changeait rien à la réalité. Prendre en cachette, c’est du vol.

Nous n’avons pas tergiversé. Nous l’avons placé devant la gérante, pour qu’il avoue son méfait. Il s’est mis à sangloter si fort qu’il était incapable d’articuler le moindre mot. J’ai donc pris les devants et lâché les mots fatidiques : « Mon petit garçon vous a volé cet œuf. » La gérante a voulu dédramatiser les choses, émue peut-être par les larmes de ce petit bonhomme, ou seulement outrée de nous voir aussi sévères avec lui. J’ai dû la reprendre : « Madame, si mon fils vous vole un œuf quand il a quatre ans, que vous volera-t-il quand il en aura quinze ? » Elle a acquiescé, puis nous nous sommes dirigés vers la caisse, en expliquant à notre fils : « Nous allons payer et emporter cette boîte de chocolats, puisque tu l’as abîmée. Mais tu n’en mangeras pas. »

Cet incident l’a tellement marqué que, quatre ans plus tard, en rentrant de la superette où je l’avais envoyé chercher quelques produits, il m’a annoncé fièrement : « Tu sais maman, il y avait tout un rayon de bonbons, et j’ai été très tenté d’en prendre, mais je n’ai pas cédé. » Notre fils n’a plus volé. Pas même un carreau de chocolat dans la petite armoire secrète (pas si secrète) de notre chambre !

Deux principes me semblent utiles lorsqu’un enfant commet un vol : l’aveu et la restitution. L’aveu est une reconnaissance de culpabilité. C’est douloureux, et cela peut dissuader l’enfant de renouveler l’expérience. Mais l’aveu libère également l’enfant de la peur d’être découvert, puisque, justement, il a été découvert. L’amour parental n’est jamais aussi fort que lorsqu’il reste acquis malgré les bêtises d’un enfant. Aimer celui que l’on démasque, c’est lui permettre de grandir de manière équilibrée.

La restitution (de même que le remboursement ou le rachat) permet de s’assurer que l’enfant ne pourra en aucun cas tirer profit de ce qu’il a volé. Il comprend alors que voler ne présente que des inconvénients. La restitution apaise la personne lésée, permet d’éviter des problèmes avec la justice et réhabilite le voleur. Elle ouvre la voie au pardon et à la prise de conscience. Alors, qui vole un œuf, avoue et le rend… deviendra grand !

Vous voulez nous faire part de votre expérience ? Vous avez d’autres trucs et astuces à proposer ?

N’hésitez pas, c’est à vous : ….

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter