Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (sans vraiment s’en rendre compte…)

Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Un soir, notre petit dernier de deux ans et demi, qui avait passé la journée à la crèche, m’a dit de façon totalement neutre que l’une des nounous lui avait mis une tape sur les fesses. Vous imaginez le malaise. Il me semblait improbable que mon fils mente à ce sujet, parce que je le sais très attentif à ce genre de contacts physiques (mais en même temps, en tant que parents, nous ne sommes pas toujours très lucides sur ce dont nos enfants sont capables en termes de mensonges…) D’un autre côté, cela me semblait tout aussi improbable que sa nourrice ait fait une chose pareille. Bref, le lendemain, j’ai pris mon courage à deux mains, et, en faisant l’innocente, j’ai dit à la nounou : « Euh…. Mon fils m’a dit que… vous lui aviez mis une tape sur les fesses… Est-ce que vous pourriez me dire ce qui s’est passé ? » La nounou avait vraiment l’air de ne pas savoir de quoi je lui parlais. Puis, en y réfléchissant un peu, elle m’a répondu : « Ah, mais oui… il était tout joyeux et il est passé près de moi en se dandinant, alors je l’ai tapoté sur la couche… c’était affectueux !! » Ouf ! Grand soulagement. Mon fils n’avait pas « vraiment » menti, dans le sens où il avait été vrai dans sa perception de l’événement. Mais au fond, il n’avait pas compris l’intention derrière le geste, et je suis très heureuse que nous ayons dissipé ce malentendu avec sa nounou.

Pour éviter ce type de malentendus, lorsque les dires de nos enfants impliquent des personnes extérieures à la famille, nous avons pour habitude de confronter leurs dires avec la perception que ces autres personnes peuvent avoir de la situation, comme avec l’épisode de la nounou.

L’une de nos filles avait régulièrement l’habitude de nous dire, en rentrant de l’école, que telle copine l’avait invitée à la rejoindre au terrain de jeux. Nous avions enregistré les numéros de téléphone de tous les parents de ses copines, alors il suffisait d’un sms pour en avoir le cœur net. « Il paraît que ta fille a invité la mienne au terrain de jeux ? C’est vrai ? » Souvent, la maman concernée nous répondait : « Ah, je n’ai pas eu la même version. Moi, on m’a dit que c’était la tienne qui avait invité la mienne… » Moralité, elles mentaient un peu toutes les deux… car elles s’étaient concertées, en fait. Elles s’étaient mises d’accord sur l’essentiel (le terrain de jeux), mais elles étaient restées floues sur les modalités (« c’est toi qui invites ou c’est moi ? »).

Parfois, les enfants ne mentent pas… ils exagèrent. Surtout lorsqu’ils sont un peu fantasques ou qu’ils ont une imagination débordante. Je me souviens d’un soir où j’avais bu un petit verre de sangria (chose qui ne m’est pas très habituelle parce que je ne supporte pas bien l’alcool). J’ai très vite senti ma tête tourner, et comme les enfants avaient eu une semaine morose et que je voulais détendre l’atmosphère, je me suis montrée d’humeur particulièrement joyeuse, et j’avoue que la sangria m’a un peu aidée. Sauf que… le lendemain, ma fille a raconté notre soirée à tout un groupe d’amis, et en à peine quelques heures, j’étais devenue une alcoolique notoire ! Autant vous dire que j’ai tenté de rétablir la vérité… mais je ne suis pas du tout certaine d’y être parvenue, car qui va croire une personne soupçonnée d’alcoolisme et qui vous dit : « Mais non, je ne bois pas… »

Dans le même ordre d’idées, en une certaine occasion où nous avions refusé certaines choses aux enfants parce que nous « n’avions pas les sous » pour répondre à tous leurs désirs, ils ont raconté à nos amis que nous croulions sous les dettes et que nous étions profondément désespérés… Là encore, nous avons rectifié les choses, et cette fois-ci, les amis ont dû nous croire parce que personne ne nous a fait de chèque…

Face à ces débordements du langage, nous veillons à rétablir la vérité autant que possible. Et, bien sûr, nous expliquons à nos enfants quel est le poids des mots, et jusqu’où ils peuvent nous entraîner. C’est un travail de longue haleine, mais nous avons bon espoir…

Avez-vous vécu des épisodes où vous auriez préféré que vos enfants se taisent… ? Je serais très curieuse de les entendre..

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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