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QUELQUES ASTUCES CONCRÈTES

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vous souhaitez aider vos enfants à réussir leur scolarité.

DEUXIÈME PARTIE : QUELQUES ASTUCES CONCRÈTES

Après avoir levé quelques obstacles qui s’imposent à nous lorsque nous voulons accompagner nos enfants dans leurs devoirs, voici quelques astuces concrètes pour faciliter ce temps des devoirs :

• En rentrant de l’école (et notamment du collège), nos enfants sont généralement affamés et ils n’ont pas la moindre envie d’ouvrir un livre ou un cahier dès leur retour à la maison. Ils veulent décompresser, et ils en ont besoin. Si vous avez la chance d’être à la maison pour les accueillir lorsqu’ils rentrent, voici ce que vous pouvez faire : faites-les dîner dès leur retour. Ma maman avait développé ce concept qu’elle appelait le « goûter-souper ». C’était brillant. D’abord parce que nous nous restaurions correctement (au lieu d’avaler des petites choses chocolatées sans aucun intérêt nutritionnel), tout en passant un temps significatif à table, ce qui nous permettait de raconter nos journées, d’évacuer certaines tensions, de faire une vraie pause bénéfique, avant de nous replonger dans les études. Ensuite, cela permettait à ma maman de ne plus avoir à cuisiner ensuite, et elle pouvait donc pleinement se consacrer à nos devoirs. Par ailleurs, lorsque les plus jeunes de la fratrie avaient fini leurs devoirs (généralement ils finissaient vite), ils pouvaient jouer un peu, puis se coucher assez tôt. (Rien de plus triste qu’un enfant qui tombe de fatigue et vous demande la permission d’aller se coucher le ventre vide parce que vous n’avez pas pu lui préparer à dîner tant les devoirs des aînés vous accaparaient.) Offrez-leur donc ce “sas de décompression” autour d’une bonne table garnie. Le petit plus ? Préparez un bon dessert que vous leur donnerez… une fois les devoirs finis. Cela les motivera un peu. Et le conjoint, dans tout ça ? Si votre conjoint rentre plus tard, il devra dîner tout seul. Mais… je connais peu de papas que cela dérangerait profondément de dîner seul au calme plutôt qu’entouré de toute une tribu bruyante et fatiguée. Les papas apprécient aussi lorsqu’à leur retour, les enfants ont dîné et fait leurs devoirs, qu’ils sont en pyjama, et qu’il n’y a plus qu’à venir leur lire une petite histoire et leur souhaiter une bonne nuit !

• Avant de faire les devoirs à proprement parler, demandez simplement à vos enfants de vous montrer ce qu’ils ont fait dans la journée. Relisez avec eux toutes les leçons qu’ils ont écrites (ce sera l’occasion de coller – ou de scotcher ! – les feuilles volantes, de ranger les polycopiés dans les classeurs, de corriger les fautes d’orthographe ou de grammaire, et de vous assurer qu’ils ont compris tout ce qu’ils ont écrit) et interrogez-les innocemment sur ce qu’ils ont étudié. Car, pendant qu’ils vous expliquent ce qu’ils ont appris, ils révisent… sans vraiment s’en rendre compte. Deux ou trois questions posées à l’issue de chaque leçon vous permettent de vérifier l’assimilation des leçons, avec l’avantage qu’elles sont encore très fraîches dans la tête des enfants. Soyez particulièrement attentifs aux leçons de langues étrangères, car il est dommage de mal apprendre un mot simplement parce qu’il est mal orthographié. En cas de doute, vérifiez dans un dictionnaire (et profitez-en pour leur apprendre à s’en servir…) L’immense avantage de cette lecture quotidienne de tout le travail effectué dans la journée, c’est que vous savez exactement ce que vos enfants sont en train d’étudier. Vous pouvez donc réinterroger vos enfants à tout moment sans même avoir les cahiers sous les yeux. Ces petites piqûres de rappel ponctuelles permettent de raviver leur mémoire de façon ludique et leur évitera d’avoir des grandes quantités d’informations à mémoriser en une seule fois, la veille d’une évaluation !

• Il est temps de passer aux devoirs. Laissez faire l’enfant. Laissez-lui vous expliquer ce qu’il doit faire, et laissez-le réfléchir seul. Mais restez toujours à côté de lui, dans une posture qui lui montre toute votre attention. Ce n’est pas le moment d’allumer votre smartphone pour lire vos mails. Car comment voulez-vous qu’un enfant apprenne à se concentrer sur son travail si vous, parent, ne le faites pas ? Si votre attitude trahit votre indifférence, l’enfant ne prendra pas son travail à cœur. Disciplinez-vous, vraiment. Cela en vaut la peine. Relisez ce que l’enfant écrit, validez ce qu’il réussit, rectifiez avec douceur ce qui ne va pas, et enseignez-lui ce qui manque à sa compréhension. Trouvez-lui des astuces mnémotechniques pour mémoriser ce qui doit l’être (avec l’une de mes filles, nous inventons des chansons, et c’est très efficace pour mémoriser des leçons.)

• Ne vous contentez pas du minimum (sinon vos enfants prendront ce pli, eux aussi). Tout apprentissage est l’occasion d’ouvrir une nouvelle porte vers des connaissances inexplorées… Si vous avez des anecdotes, des compléments à apporter, c’est le moment. Nourrissez l’esprit de vos enfants, établissez des liens entre ce qu’ils apprennent et votre réalité quotidienne. Empruntez quelques livres pour enfants à la bibliothèque du coin pour approfondir les sujets qu’ils étudient en classe, cela leur permettra de pousser leur réflexion un peu plus loin, et de se distinguer un jour, lorsqu’un patron devra choisir entre des dizaines de candidatures et que celle de votre enfant sortira du lot. Profitez aussi de ce temps de devoirs pour transmettre des savoir-faire à vos enfants. Souligner à la règle, ça s’apprend. Tout comme colorier proprement ou ranger ses affaires dans un sac de manière à ce que rien ne casse. Tout peut servir de base à un apprentissage. Alors n’hésitez pas.

• Mon astuce personnelle : je fais asseoir toute ma tribu autour d’une même grande table, et je distribue les tâches que je vérifie ensuite, en m’asseyant tour à tour à côté de l’un puis de l’autre. Travailler à plusieurs les stimule et me permet d’optimiser le temps. Pendant que l’un calcule, l’autre lit et le troisième répond à mes questions. Cela demande un peu d’organisation, mais les enfants en comprennent assez vite l’intérêt. Sans compter que cela les force à se respecter les uns les autres, et à s’attendre mutuellement. Le temps des devoirs devient alors un temps passé en famille, un temps où l’on apprend aussi à vivre ensemble. Et bien sûr, le fait de les réunir tous autour de la même table me permet de m’assurer qu’aucun d’entre eux ne fait de bêtises pendant que je travaille avec les autres ! Le seul hic : il m’a fallu inventer des devoirs pour le petit dernier, parce qu’il était un peu jaloux…

Un tout dernier conseil indispensable : lorsque vous accompagnez vos enfants dans leurs devoirs, ne… regardez jamais votre montre. Vous risqueriez vraiment de déprimer, de vous impatienter ou d’avoir le sentiment de perdre votre temps. Car les devoirs peuvent prendre du temps… beaucoup de temps. Pendant les devoirs, le temps s’arrête (d’ailleurs il est hors de question de décrocher un téléphone pendant ce temps-là, sous peine de perdre la concentration des enfants en cours de route). Le temps des devoirs, c’est le moment où vous vous répéterez qu’être parent est un sacerdoce, et qu’avec un peu de chance, votre esprit de sacrifice portera ses fruits un beau jour ! En tous cas, lorsque votre enfant vous montrera fièrement sa prochaine bonne note, vous pourrez au moins vous féliciter d’avoir fait votre job ! Et ça, ça vaut de l’or.

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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QUELQUES OBSTACLES À SURMONTER

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vous souhaitez aider vos enfants à réussir leur scolarité.

PREMIÈRE PARTIE : QUELQUES OBSTACLES À SURMONTER

La plupart des enseignants que j’ai rencontrés étaient unanimes pour dire qu’ils voyaient une très nette différence entre un enfant qui avait la chance d’être accompagné par ses parents sur le plan scolaire et un enfant livré à lui-même. J’ai moi-même vérifié que, lorsque je traversais des périodes intenses sur le plan professionnel et que je relâchais ma vigilance sur les devoirs de nos enfants, les notes baissaient très vite…

Mais accompagner la scolarité de nos jeunes est un parcours semé d’embûches. Nous devons, tout d’abord, composer avec le caractère et les variations émotionnelles de nos enfants (qui font parfois preuve d’une exaspérante mauvaise volonté face à leurs devoirs, qui sont peu soigneux ou un peu fainéants, ou qui préfèreraient jouer ou voir leurs amis plutôt que de travailler, et on les comprend !) Dans ces cas-là, avant même de commencer à travailler, il va falloir… écouter l’enfant, tâcher de le comprendre et de lever les blocages qui nuisent à sa bonne concentration. Cela peut sembler très fastidieux, mais c’est indispensable, car un enfant mal disposé ne travaillera pas bien. Il faut donc s’assurer d’abord de la coopération de l’enfant avant de se mettre au travail. Par expérience, il suffit parfois d’un petit carreau de chocolat pour cela. Ou de la promesse de pouvoir aller jouer avec un copain une fois les devoirs terminés. Ou d’un petit quart d’heure de solitude et de calme pour se vider la tête avant de se remettre au travail.

Nous devons aussi composer avec leurs petites manies (« Mais si, maman, je me concentre mieux avec la radio ou la télé, et je suis bien plus confortable assis sur le canapé avec mon cahier sur les genoux ! » Ben voyons…) Parfois, rien que pour faire éteindre la télé à un enfant et le faire asseoir à table avec toutes ses affaires, il vous faut un bon quart d’heure de combat. C’est une école de patience, mais ne cédez pas. Ritualisez les choses dès leur plus jeune âge et ne lâchez rien. Travailler à table et au calme deviendra une habitude si vous maintenez fermement le cap.

Nous devons aussi nous adapter aux méthodes des enseignants qui sont parfois très déconcertantes. La plupart des professeurs sont extraordinaires dans leur investissement, leur abnégation et leur patience, mais il y aussi des professeurs un peu particuliers… qui donnent des leçons qu’il ne faut apparemment pas apprendre, ou des polycopiés qu’il ne faut pas coller dans le cahier, ou ne coller que lorsqu’ils le demanderont, ou même qu’il faut scotcher (et pas n’importe comment, il faut les scotcher sur le côté droit du cahier !!! Ne riez pas, c’est du vécu !) Il y a des professeurs qui veulent que les enfants sachent par cœur ce qui est écrit en rouge mais pas ce qui est écrit en vert (alors que d’autres veulent que l’enfant mémorise tout). Certains apprécient que les jeunes prennent de l’avance et enrichissent les cours par leurs recherches personnelles, d’autres refusent catégoriquement que l’on aille au-delà de ce qui est enseigné. (Malheur à vous si votre enfant sait déjà lire à la fin de sa dernière année de maternelle ! Vous risquez de passer pour un parent psychorigide ayant forcé votre enfant à se conformer à vos propres attentes brutales et irréalistes… Et pourquoi un enfant n’aurait-il pas tout simplement le droit d’être curieux et… intelligent ?) Il y a aussi les professeurs qui apparemment n’aiment pas nos enfants et que nos enfants n’aiment pas non plus… (et en général ce sont eux qui enseignent les matières les plus importantes ! Pas de bol.) Quelles que soient les petites exigences des enseignants (et la légitimité de celles-ci), encouragez vos enfants à écouter, à noter et à se soumettre à ces contraintes. Plus tard, il leur faudra bien exécuter les tâches demandées par leur patron, qu’elles soient agréables ou non. Et quel que soit le caractère d’un enseignant, enseignez-leur à le respecter en tant qu’individu et en tant qu’enseignant, et à répondre à ses attentes. Votre enfant a besoin de comprendre qu’il travaille pour son propre avenir, que ces années d’école passeront très vite, qu’un jour il pourra totalement oublier tel ou tel enseignant qu’il n’apprécie peut-être pas, mais qu’il sera reconnaissant, par contre, de tout ce qu’il aura appris. Bien évidemment, je ne parle pas ici d’un enseignant qui serait tyrannique ou porterait atteinte à la dignité des enfants. Nos enfants ne vont pas à l’école pour souffrir, être malmenés par leurs camarades ou humiliés par leurs professeurs. Si tel était le cas, réagissez. Mais pour les petites bizarreries enseignantes sans conséquences fâcheuses, encouragez simplement vos enfants à obéir. C’est dans leur intérêt. Et évitez de critiquer leur école ou leurs enseignants devant eux, car ils pourraient s’approprier ces critiques et y voir un encouragement à ne plus travailler sérieusement, puisqu’apparemment leurs enseignants semblent ne pas l’être non plus… En soutenant les enseignants, c’est à vos enfants que vous rendrez service.

Enfin, après avoir composé avec les humeurs de nos enfants et les exigences parfois farfelues des enseignants, il nous reste à nous, parents, de surmonter nos propres blocages dans certaines disciplines. Heureux les parents qui n’ont pas totalement oublié ce que sont le théorème de Pythagore et les conjonctions de subordination ! Mais honnêtement, c’est dur d’aider son enfant à réviser ses cours de chinois si vous n’avez jamais appris cette langue vous-même ! Fort heureusement, nos enfants ont des manuels dans lesquels nous pouvons retrouver les concepts essentiels. Nous pouvons également nous répartir les tâches entre conjoints, pour que chaque parent accompagne les enfants dans les disciplines où il excelle. Ou faire appel à des amis, des voisins ou des proches qui sont compétents dans des matières qui nous échappent. Dans le pire des cas, si vous ne comprenez pas ce que votre enfant étudie et si vous n’avez personne pour prendre le relais auprès de lui, vous pouvez toujours laisser les choses en suspens, le temps de solliciter l’enseignant pour qu’il complète son enseignement et réexplique les leçons à votre enfant. Mais je ne préconise cette option qu’en tout dernier recours. Car ne pas faire ses devoirs sous prétexte de ne pas avoir compris peut vite devenir une solution de facilité…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Lorsque le mensonge est particulièrement grave

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (et que leur mensonge va trop loin…)

Lorsque le mensonge est particulièrement grave

Parfois les choses dérapent… et certains mensonges peuvent vous entraîner très loin. Mentir à ses parents sur des devoirs non faits ou une chambre non rangée, c’est une chose. Mais certains mensonges sont très lourds de conséquences, et ils peuvent engendrer des souffrances et des drames, dont l’impact dépassera de loin le simple cercle familial.

Il y a quelques années, un adolescent qui se confiait à nous a mis en cause l’un de ses parents pour des faits extrêmement graves. Des faits qui, s’ils s’avéraient exacts, pouvaient conduire le parent incriminé directement en prison, et pour longtemps. C’est l’un des plus lourds dilemmes que nous ayons eus à affronter. Nous connaissions la famille. Le jeune homme avait donné sa version des faits. Les parents prétendaient qu’il mentait. Il prétendait qu’ils mentaient. C’était une famille totalement déchirée, en souffrance totale, et nous nous sentions impuissants à les aider. C’est la justice qui, finalement, a eu la lourde tâche de déterminer qui mentait dans cette histoire. Mais lorsque la machine judiciaire s’est mise en marche, elle a écrasé tout le monde sur son passage.

Je crois, mais je suis peut-être naïve, que les familles ne sombrent pas dans de telles détresses du jour au lendemain. Parfois, le mensonge fait véritablement partie de la culture familiale. Dans certaines familles, le mensonge est tellement présent qu’il en devient pathologique. Les personnes finissent par se mentir à elles-mêmes. La simple mauvaise foi peut ainsi finir en paranoïa totale. Malheureusement, lorsqu’on cultive le mensonge comme un art de vivre, c’est la folie qui nous guette. S’en sortir est alors beaucoup plus difficile et cela nécessitera souvent l’intervention de médiateurs.

De plus, à partir du moment où l’on considère que certains mensonges sont acceptables, on se retrouve face à une lourde problématique : pourquoi certains mensonges seraient-ils acceptables et d’autres pas ? Quels sont les mensonges que l’on peut admettre et quels sont ceux que l’on doit juger inadmissibles ? Et pourquoi les parents auraient-ils le droit de mentir, par exemple, alors que les enfants n’ont pas le droit de le faire ? Cela n’a pas le moindre sens dans la tête d’un enfant.

Je revois cette mère de famille qui se lamentait parce que sa fille adolescente lui mentait, et même lui volait de l’argent. Et voilà qu’au cours de la même conversation, elle m’a dit qu’elle était très contente d’avoir trouvé un patron pour faire travailler sa fille durant l’été, même si c’était pour du “travail au noir”… J’avoue m’être mordue sur les lèvres en entendant cela. Elle reprochait à sa fille de lui mentir et de la voler, alors qu’elle encourageait cette même jeune fille à mentir aux services fiscaux et à voler l’État…

On ne peut tout simplement pas avoir deux poids deux mesures. Le meilleur moyen de ne pas avoir des enfants menteurs, c’est de ne pas mentir soi-même.

Les spécialistes ont déjà largement démontré à quel point les lourds secrets de famille, les tabous, les non-dits, et les mensonges étaient destructeurs pour les enfants. À l’inverse, la liberté, aussi douloureuse soit-elle, est libératrice. Françoise Dolto disait : « L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit. » Sans vérité, pas de culture familiale saine.

Alors, parents, cultivez la vérité. C’est l’un des meilleurs services que vous pouvez rendre à vos enfants. Et si vous êtes vous-mêmes empêtrés dans les mensonges, faites une première démarche de vérité en allant trouver une personne compétente et extérieure à votre situation avec qui vous pourrez vous entraîner à être vrais. Ce chemin ne sera pas simple, mais il en vaut la peine, vraiment.

Avez-vous des exemples de situations dans lesquelles la vérité a libéré votre famille ?

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Que fait-on quand on n’en peut plus ?

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vous vous sentez dépassé(e) en tant que parent.

J’ai dû me rendre à l’évidence récemment, et admettre ce terrible paradoxe : j’aime mes enfants, mais il m’arrive souvent de ne plus les supporter. Et, bien sûr, lorsque je ne les supporte plus, je culpabilise. Je devrais être capable de les supporter, non ? C’est la base, en tant que mère. Si vous êtes en train de me juger en ce moment précis, c’est probablement que vous n’avez pas d’enfant, ou alors des enfants extraordinairement sages, et dans ce cas, j’aimerais votre secret…

Moi, j’avoue que parfois, je suis gagnée par certaines envies inavouables au sujet de mes enfants. Comme la semaine dernière, lorsqu’ils se sont disputés dans la voiture pendant que je conduisais et que j’ai eu cette idée fulgurante dont je n’ai même pas eu honte. Je me suis dit : j’arrête la voiture, je les fais tous descendre, et je repars, en les laissant là, sur le bas-côté. Et j’en profite pour partir toute seule en week-end. Mais bon, la raison a repris le dessus…

Que fait-on quand on n’en peut plus ? Comment éviter de faire ou de dire à nos enfants des choses que nous regretterons profondément plus tard mais qui sont simplement le fruit de notre exaspération ? Permettez-moi de vous proposer quelques pistes basiques mais qui pourront peut-être vous aider un peu.

Piste n° 1 : Allez dormir. Reposez-vous. Lorsqu’un parent perd patience avec son enfant, c’est souvent parce qu’il ou elle est exténué(e). C’est le cas des parents qui empoignent trop violemment un nourrisson qui les réveille pour la dixième fois au cours de la même nuit… Les parents fatigués ne font pas de bons parents. Alors dormez. Si possible, instaurez avec vos enfants un rituel de temps calme en début d’après-midi où vous pourrez faire la sieste. À défaut, reposez-vous le week-end. Relayez-vous entre parents. Ou sollicitez quelqu’un qui emmènera votre tribu en balade pendant que vous reprendrez des forces. Faites une cure de sommeil de quelques jours en vous couchant tous les soirs à la même heure que vos enfants. Et tant pis pour les corvées. Votre santé est bien plus importante !

Piste n° 2 : Ne culpabilisez pas. Les enfants ont une énergie que les parents n’ont plus forcément. Et s’ils sont plusieurs, le défi est immense. Les canaliser, les éduquer, les stimuler requiert de la force. Chez nous, il y a 4 enfants, contre 2 parents. En termes d’énergie, le combat est largement inégal !!! Être à bout ne fait pas de nous des mauvais parents, mais des parents humains, tout simplement. Et que le parent qui n’a jamais craqué jette la première pierre à tous les autres parents de la Terre !

Piste n° 3 : Entourez-vous de personnes qui pourront vous aider. Aucun parent n’est parfait, et aucun parent n’est complet. Alors pourquoi ne pas mobiliser plusieurs autres adultes pour accompagner vos enfants dans les différents défis que la vie leur présente ? Un célèbre proverbe africain dit ceci : « Il faut tout un village pour élever un enfant ». Et c’est vrai. Un enfant qui peut côtoyer divers adultes dans divers contextes bénéficiera d’une éducation beaucoup plus variée et riche qu’un enfant évoluant dans une famille repliée sur elle-même et où toute la transmission repose sur les épaules de deux parents uniquement, voire d’un seul… De plus, lorsqu’un enfant apprend auprès des uns et des autres, cela permet à ses parents de souffler un peu. Je suis persuadée que l’individualisme de notre société favorise l’épuisement parental.

Personnellement, j’ai appris à demander de l’aide et à accepter l’aide que l’on me propose. Telle mamie va venir aider les enfants dans leurs devoirs pendant que je me repose…. Tel papi va emmener notre aîné à la pêche, ce qui réduira immédiatement le nombre de disputes entre nos enfants (quand il n’y a plus de bagarreurs, il n’y a plus de bagarres !) D’ailleurs ce même papi lui a appris à jouer aux échecs. Et c’est son capitaine, chez les Jeunes Sapeurs Pompiers, qui lui a appris… qu’il pouvait s’occuper lui-même de son linge ! Tel ami musicien va intégrer nos filles dans sa chorale où elles dépenseront un peu de leur immense énergie, telle voisine accueillera le plus petit l’espace d’une journée pour que mon mari et moi puissions profiter d’une sortie à deux, telle amie viendra m’aider pour le ménage, telle autre pour la couture, etc. Évidemment, nous leur renvoyons l’ascenseur. Nous accueillons souvent les enfants des autres. Et nous ne sommes pas perdants. Les nôtres sont bien plus serviables quand ils ont de la compagnie…

Bref, vous avez compris l’idée. Un parent dépassé doit passer le relais. Parfois, il suffit d’un peu d’aide, de quelques encouragements et d’une bonne nuit de sommeil pour repartir sur une bonne base.

Piste n° 4 : Dites la vérité à vos enfants. Sans leur faire de reproche, expliquez simplement à vos enfants ce que vous ressentez et ce que vous attendez d’eux, et ce dès leur plus jeune âge, avec des mots qu’ils peuvent comprendre. Il m’est arrivé plus d’une fois de dire à ma petite tribu : « Les enfants, vous savez que je vous aime, mais là je suis épuisée, je n’en peux plus. Je n’ai plus de force ce soir. Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Est-ce que vous pourrez vous débrouiller comme des grands ? » Et à chaque fois, ils ont été sensationnels. Je me souviens d’un soir où mes deux aînés m’ont faite asseoir sur le canapé, me ramenant un oreiller moelleux et une couverture douillette, pendant que la troisième me préparait des tartines et que le plus jeune me faisait des bisous. Dans ces instants-là, ma fragilité les a fait grandir. Et l’expression de leur compassion a été inoubliablement délicieuse ! Cela en valait la peine, vraiment.

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Et voici un article sur le burn-out maternel, pour approfondir la question.

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On pose des limites

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (et qu’il faut poser des limites)…

On pose des limites

Nous avons vu qu’il était judicieux d’affecter des espaces précis où les écrans pouvaient être utilisés (dans le salon, par exemple) et de délimiter d’autres espaces où les écrans sont bannis (à titre préventif, je conseille de bannir les smartphones dans les toilettes… j’ai pu vérifier que le temps moyen que passe un adolescent dans cette pièce-là est au moins triplé s’il emporte son téléphone, et par expérience toujours, je peux dire qu’un téléphone ne se remet pas très bien d’une chute dans la cuvette… En plus, certains enfants ont la drôle de manie de ressentir une envie pressante juste au moment où on leur demande de débarrasser la table. S’ils ont un smartphone ou une tablette dans les mains, vous aurez déjà débarrassé vous-même – par dépit – bien avant que votre enfant ne réapparaisse… Alors bannir les écrans au petit coin peut être utile. En revanche, laissez dans les toilettes à leur libre disposition quelques revues instructives, ou mieux encore, des cahiers de vacances !!! Quitte à ce qu’ils se défilent pour le débarrassage, autant que ce soit pour s’instruire un peu !)

Définir des espaces est une chose, mais il convient également de définir des temps. Et sur ce plan-là, le combat est certainement plus rude. Certains jeunes n’ont pas le sens de la mesure et sont véritablement incapables d’éteindre les écrans de leur propre initiative. Alors c’est à nous, parents, de prendre des mesures. Et sachez que toutes les minuteries et les contrôles parentaux du monde ne vaudront jamais votre propre surveillance. Faites des incursions surprises pendant que vos enfants sont sur les écrans et surtout effectuez des contrôles d’historiques inopinés. La vérité que vous découvrirez vous fera peut-être mal, mais au moins vous saurez où accentuer votre vigilance.

Les pédiatres recommandent que les jeunes ne passent pas plus de deux heures par jour devant les écrans (tous écrans confondus). En période scolaire, respecter cette limite peut s’avérer plus simple (sous réserve que les smartphones soient interdits dans l’école de vos enfants et que leurs professeurs utilisent des livres et un bon vieux tableau noir pour enseigner…). Car la soirée est relativement courte. Entre le goûter, les devoirs, les éventuelles activités extra-scolaires et le dîner, les écrans sont tout naturellement mis de côté au profit de réalités plus essentielles (à condition qu’on bannisse les écrans à table et qu’on ne les laisse pas à portée des enfants pendant qu’ils font leurs devoirs). Les choses se compliquent le week-end et pendant les vacances. C’est là qu’il nous faut être inventifs, parce qu’un écran éteint laisse un grand vide qu’il va falloir combler.

Dans ces cas-là, rien de tel que de faire sortir les enfants, en laissant tous les écrans à la maison. Une petite balade en forêt, un jeu d’extérieur, ou même une escapade brève chez le glacier du coin, ou encore une sortie à la bibliothèque, une visite surprise chez des proches qui habitent à deux pas, ou tout simplement une promenade avec le chien. C’est le moment de changer d’air, et de le faire avec l’enfant. Comme les écrans le coupent de la réalité et du lien social avec ses proches, il est important qu’au moment où les écrans sont éteints, ce soit précisément pour tisser de nouveaux liens, et que la solitude d’un jeune derrière son écran ne soit pas remplacée par un autre type de solitude. Il m’arrive d’emmener mon fils aîné pour un tête-à-tête dans un salon de thé. Je bois mon thé le plus lentement possible, tout en écoutant mon fils qui, ravi d’avoir sa maman rien que pour lui, se met tout à coup à me confier des choses dont j’ignorerais tout si je ne provoquais pas ce genre de rendez-vous occasionnels. Mon mari emmène souvent l’une de nos filles lorsqu’il a quelques courses à faire. Elle l’accompagne juste pour le plaisir d’être seule avec son père. Ce sont des petits moments précieux, et très simples à créer.

Il nous arrive aussi de présenter les écrans comme des « récompenses ». Le film du soir à regarder en famille récompensera un après-midi de grand ménage collectif (cela marche encore mieux si Louis de Funès est l’un des acteurs du film en question !) Les deux heures d’ordinateur ne seront autorisées que lorsque les devoirs ont été faits et vérifiés, et lorsque l’enfant a rangé sa chambre et fait son lit, etc. Si vous avez un garçon de 14 ans fan de films de super-héros et un petit dernier de 3 ans que vous voulez protéger des images violentes, vous aurez un argument supplémentaire pour veiller au grain. Chez nous, les X-men ne sont autorisés que pendant la sieste du petit frère. Il dort tout juste deux heures, ça tombe bien !

Finalement, c’est à chaque famille de définir les fonctionnements qui lui conviennent le mieux, avec plus ou moins de souplesse, selon les goûts et les caractères des uns et des autres. Le tout étant de garder le contrôle, et de remplacer les écrans par des choses que vos enfants aiment. Et pour cela, vous êtes vraiment les mieux placés pour savoir quoi faire. Bon courage !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Un dernier article intéressant (quoique utopique selon certains lecteurs…) À vous d’en juger.

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Quand les écrans deviennent nocifs

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (et que cela devient nocif)…

Quand les écrans deviennent nocifs

À moins de vivre dans une communauté autonome et coupée de notre monde moderne, c’est un fait, nous ne pouvons plus échapper à l’omniprésence des écrans. Ils ne nous servent plus seulement d’outil de divertissement (le bon vieux temps de la télévision cathodique et de la Game boy est bel et bien révolu), mais il semblerait qu’une vaste conspiration se soit mise en place pour que nous ne puissions bientôt plus rien faire sans eux. Notre habitat est aujourd’hui truffé d’écrans : les derniers robots ménagers sont dotés de pavés numériques, les baignoires et les cabines de douches sont devenues “intelligentes”, les téléviseurs sont intégrés dans les murs, etc. Nos relations sont numérisées : entre les appels visio, les mails, les sms, les achats en ligne et les courses en drive, les diagnostics médicaux que vous pouvez obtenir via une plateforme, et puis Facebook, Twitter, et j’en passe, bientôt nous ne nous verrons plus les uns les autres qu’à travers le filtre des écrans. Nous nous “verrons”, mais nous ne nous rencontrerons plus.

Une petite fille me disait il y a quelques mois : « Le matin, je déjeune avec mon papa. Mais il ne fait pas attention à moi. Il est sur son smartphone. Et quand j’essaie de parler avec lui, il me demande de ne pas le déranger et de me dépêcher de manger. » Triste ironie. Tragédie, même. Alors qu’il demeure sourd à la soif de relation exprimée par sa fille, ce papa est peut-être sur Facebook, consacrant toute son attention aux petits détails de la vie des… autres, et passant totalement à côté de l’essentiel. J’en ai vu, des papas, qui en ayant pris de l’âge, me disaient avec beaucoup de douleur : « Je n’ai pas vu grandir mes enfants. Je n’étais pas là. Comme je le regrette. » Et puis cette fillette, qui grandit avec l’impression que ce gadget numérique compte plus pour son papa que sa propre fille… C’est vraiment dommage. Être là pour nos enfants, chers parents, cela commence par savoir éteindre nos smartphones.

Comment sait-on que les écrans ont pris trop de place dans une famille ? Il y a quelques signes qui nous l’indiquent. D’abord, on ne se parle plus. Chacun est dans son monde, derrière son propre écran, des heures durant. Ensuite, par voie de conséquence, on ne partage plus d’activités collectives. (Si vous avez déjà vu l’un ou l’autre épisode de Super Nanny, vous aurez constaté que, dans pratiquement toutes les familles concernées par des difficultés d’obéissance des enfants, la télévision est plus ou moins allumée en permanence. Je savoure toujours cet instant où la nounou vient éteindre la télé et fait sortir tout le monde pour une balade.) Enfin, vous savez que les écrans sont devenus les maîtres lorsque vos proches deviennent hystériques ou agressifs s’ils sont privés de ces mêmes écrans. C’est un signal d’alarme. Un signe de manque. Et là, il faut prendre des mesures. Et ce n’est pas difficile à vérifier. Il suffit de tout éteindre, ne serait-ce qu’une journée. Et d’observer ce qui se passe…

Car, vous l’ignorez peut-être, mais les écrans sont des voleurs en puissance. Si nous les laissons faire, ils nous voleront notre temps, notre capacité d’attention, nos relations, notre sommeil, notre santé (et à long terme… notre vie ?) En plus, ils sont vicieux. Ils ne nous attaquent pas de manière flagrante, mais ils nous grignotent petit à petit. Un message en appelle un autre. Un article vous ouvre un lien vers un autre. Une photo vous accroche et vous voilà en train de lire un texte qui ne vous intéressait pas du tout au départ. La toile se tisse autour de nous, petites marionnettes inconscientes. Et si nous, parents, nous ne sommes pas assez forts pour arrêter cela, comment pouvons-nous exiger de nos enfants qu’ils y parviennent ?

Ainsi, voici le deuxième principe essentiel dans notre réflexion: nous devons garder le contrôle sur les écrans. Plutôt que de contrôler les enfants dans leur utilisation des écrans, je propose que nous contrôlions les écrans dans leur influence qu’ils exercent sur les enfants. Les enfants ne sont pas le problème. Le problème, ce sont les écrans, avec leur attrait et leur pouvoir.

Concrètement, d’un point de vue spatial (nous parlerons ultérieurement de la dimension temporelle), cela veut dire que les écrans ont une place qui leur est propre : la télévision a une place dans le salon, mais pas dans la chambre des enfants, parce que dans la chambre, elle s’immiscerait dans l’espace privé de l’enfant, alors qu’elle n’en a pas le droit (nous ne lui laisserons plus ce droit, la vilaine !). Le smartphone a une place qui lui est propre, éventuellement dans le cartable de l’enfant durant la journée, mais certainement pas dans la poche ou sur la table de nuit, à cause des ondes et de leurs effets néfastes sur la santé. Il n’a pas non plus sa place à table. Bref, nous définissons les espaces autorisés aux écrans et les espaces interdits. Les écrans sont un peu comme un enfant qui vous couperait la parole. (En particulier les smartphones qui disposent de ces fameuses notifications sonores qui nous font savoir qu’un message est arrivé et qui ont le chic de venir interrompre un grand nombre de conversations familiales !) Nous devons donc leur apprendre à se taire. Et si nous présentons les choses sous cet angle à nos enfants (c’est le portable qui est puni, ce n’est pas toi…), je vous assure que la pilule passe un peu mieux.

Allez, juste pour le plaisir, je vous propose ce petit exercice. Prenez votre smartphone, éteignez-le (lorsque vous aurez fini la lecture de cet article, bien sûr…) en lui disant : « Bye bye, c’est moi qui reprends le pouvoir. Je ne te rallumerai que lorsque JE l’aurai décidé ». Vous verrez, ça fait un bien fou. Et si vous ne pouvez pas envisager un seul instant d’éteindre votre téléphone, alors… vous devriez relire cet article.

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Si, dans une lecture ultérieure, vous voulez en savoir un peu plus sur les effets néfastes que les écrans provoquent sur la santé de nos enfants, je vous propose cet article… très édifiant.

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Se positionner face à la société

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants passent trop de temps sur les écrans (comme tout le monde !)

Se positionner face à la société

Récemment, j’ai rencontré un jeune commercial en informatique qui me parlait de son métier et s’étonnait de mon peu de connaissances dans ce domaine. Alors je lui ai expliqué que, contrairement à lui, je n’avais pas découvert internet au berceau (j’avais 16 ans quand j’ai vu un email pour la première fois de ma vie), et dans mon parcours professionnel, la seule formation majeure en informatique que l’on nous a dispensée consistait à nous enseigner l’art de créer un… powerpoint ! Ne riez pas, c’était tout un événement pour nous, à l’époque…

Lorsque je vois les tablettes, les smartphones, les ordinateurs portables, et tous les objets connectés déjà existants ou qui existeront bientôt, j’ai l’impression que notre monde a été happé dans un tourbillon technologique plus dangereux pour lui qu’il ne le réalise. Or, nous avons la responsabilité de donner des repères à nos enfants, alors que, dans ce domaine-là, nous n’en avons pas eus nous-mêmes ! C’est un sacré défi.

Tout le monde est à peu près d’accord sur l’importance théorique de limiter les écrans, mais dans la pratique, comment faire dans une société où tout devient numérique (même la déclaration d’impôts), et où les écrans viennent même remplacer les cartables de nos enfants ? Dans une société où même les articles qui dénoncent l’importance excessive des écrans sont publiés sur… internet !?

Vous trouverez (encore sur internet !!!) de nombreux articles sur le sujet qui vous donnent d’excellents conseils. Mais, si vous me le permettez, au cours des prochaines semaines, j’aimerais vous proposer les quelques principes essentiels que nous avons établis chez nous. Ils vous seront peut-être utiles, à vous aussi.

Et voici le premier principe : posez des limites dans l’acquisition de ces technologies. En d’autres termes, réfléchissez avant d’acheter. L’enfant n’est-il pas trop jeune ? Pas trop susceptible d’être happé par l’objet ? Capable d’en prendre soin ? D’en faire bon usage ? Etc. Car le meilleur moyen de ne pas passer trop de temps sur une tablette, un ordinateur ou un smartphone, c’est de ne pas en avoir !

Lorsque nos filles nous ont demandé des tablettes, nous les avons encouragées à faire des économies pour les acheter elles-mêmes. N’oublions pas que cela représente un budget considérable, et il est important que les enfants en prennent conscience. Nos filles ont donc précieusement économisé un euro après l’autre. Et un jour, elles ont déposé avec fierté toute leur petite monnaie devant une vendeuse en échange du précieux objet.

Or, une fois les précieuses tablettes en leur possession, l’une des tablettes… ne s’est pas remise d’un violent coup de coude qu’elle a reçu au cours d’une dispute, tandis que l’autre, qui avait tout de même vécu une année, n’a pas résisté à une chute d’1m20 de haut. Nous sommes allés voir un spécialiste en appareils numériques, et… après avoir entendu son diagnostic fatal et son pronostic plutôt onéreux pour opérer les deux engins, nous avons encouragé nos filles à… faire de nouvelles économies pour financer la réparation de leurs tablettes ou s’en acheter des nouvelles… À ce jour, elles n’en ont toujours pas. Je suis sûre que ces mésaventures nous ont permis de gagner quelques milliers d’heures sans écran. Et, cerise absolue sur le gâteau, notre fille aînée nous a dit récemment : « Finalement, je réalise que c’est bien de ne pas avoir de tablette. Quand j’en avais une, je passais beaucoup de temps sur l’écran et je ne jouais plus vraiment avec les autres. Ce n’était pas une bonne chose ! »… Instant de grâce..

Nos enfants ont également voulu des téléphones portables pour leur entrée au collège. Mais, dans un premier temps, nous avons investi dans des téléphones bas de gamme, non tactiles, et sans internet. Des téléphones qui permettaient uniquement de téléphoner, d’envoyer des sms et d’écouter un peu de musique. Nos enfants devaient nous prouver qu’ils savaient être soigneux avec ces téléphones basiques avant que nous envisagions d’acquérir des appareils plus performants (l’épisode des tablettes cassées a été un argument supplémentaire !). Et la décision s’est avérée sage. Le premier téléphone de notre aîné est passé à la machine à laver (oups), tandis que le premier téléphone de notre cadette a essuyé un nouveau coup de coude (décidément !). À deux reprises, les enfants ont égaré les téléphones au collège, mais ils les ont retrouvés sans problème à la vie scolaire le lendemain, car personne ne vole des téléphones aussi rudimentaires (au contraire, j’imagine que ces téléphones font tellement pitié à ceux qui les retrouvent qu’ils les rapportent immédiatement aux objets trouvés !)

Nos enfants se sont-ils plaints de ne pas avoir le même téléphone génial et ultra-moderne que leurs copains ? Oui, bien sûr, au début. Mais vous savez quoi ? J’ai découvert que nous avons le droit de dire « non » à nos enfants. Et aussi que nous ne sommes pas du tout obligés de faire comme tout le monde. Je crois que c’est notre capacité à dire « non » quand tout le monde dit « oui » qui fait de nous de bons parents. Nos enfants garderont le souvenir de parents non influençables, solides et avisés. À défaut de la technologie dernier cri, nous leur offrons un exemple parental d’anticonformisme et de liberté. Et peu à peu, ils se positionnent eux aussi de manière libre par rapport à notre monde. Ils réalisent que le vrai luxe, ce n’est pas de posséder des choses, mais d’être capable de ne pas avoir besoin de tout ce qui semble tellement indispensable aux autres.

Et quand vous l’aurez lu, faites-moi plaisir, éteignez votre écran et allez jouer avec vos enfants. Merci pour eux !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter


Pour poursuivre la réflexion sur la place des écrans dans la vie des jeunes enfants, je vous propose cet article.

 

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Vous déprimez après la rentrée

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque…vous déprimez après la rentrée.

Et voilà, vous venez de déposer votre plus jeune enfant à la maternelle pour sa toute première rentrée. Il fallait bien que cela se produise un jour. Vous vous souvenez avec nostalgie du jour où il est venu au monde, de tout le chemin parcouru en à peine trois ans, et vous vous dites : « Eh bien ça y est, il est grand ! » dans un mélange de fierté et de mélancolie.

J’ai déposé le mien lundi matin. Il était prêt. Il a foncé dans sa classe sans même ôter ses chaussures. Lorsque la maîtresse lui a demandé de faire un petit bisou… c’est elle qu’il a embrassée ! Et nous attendions, bras ballants, qu’il daigne au moins nous saluer… Et dire qu’il y a tout juste un an, j’allaitais encore ce petit gaillard. D’ailleurs il est toujours « mon bébé », même si pour rien au monde il ne m’autoriserait à l’appeler ainsi. Mais là, j’avais juste envie de hurler : « Espèce de petit ingrat, et en plus tu pars sans même te retourner !!! » Et la maîtresse a enfoncé le couteau dans la plaie en déclarant avec un large sourire : « Ah, mais on aime mieux quand ça se passe ça » ! Oui, c’est sûr, les autres petits qui pleurnichaient en se cramponnant à leurs parents faisaient peine à voir. Mais j’aurais tout de même aimé lui répondre : « Quoi ? Vous trouvez que c’est mieux quand ils s’en vont sans même sourciller et semblent traiter celle qui les a mis au monde avec l’indifférence la plus totale ? Eh bien merci pour moi ! »

Nous avons laissé notre petit bonhomme à l’école, puis mon mari et moi avons parcouru main dans la main et en silence les quelques centaines de mètres qui nous ramenaient chez nous. Je sentais qu’il appréciait que l’on se retrouve. Moi, j’étais heureuse qu’il soit présent, parce que le sentiment de solitude qui m’a envahie tout à coup aurait été bien trop lourd à porter s’il n’avait pas été là.

J’aurais aimé être une petite souris pour voir chacun de nos quatre enfants dans sa salle de classe, interagissant avec ses camarades, savourant ou déplorant les divers apprentissages proposés. Mais il faut bien les laisser prendre leur envol. Et nous, les mamans, que devenons-nous à ce moment-là ? Ces petits bouts nous demandent tant d’énergie, tant d’abnégation, tant de force, de courage et d’amour, et voilà qu’ils partent dans la vie, forts de tout ce que nous leur avons transmis, avec une certaine reconnaissance à notre égard, mais nous laissant cette impression de rester sur la touche et d’être devenues tout à coup… inutiles.

Je dis toujours à mes enfants que nous n’avons pas été créés pour être séparés. La séparation est une douleur trop lourde pour un cœur humain. C’est pour cela que le ciel et l’éternité existent. Le ciel éternel, c’est le lieu où les séparations n’existeront plus jamais.

Mais en attendant, que faire pour ne pas sombrer dans la déprime ? Voici quelques petites pistes :

Sortez. C’est le moment de profiter de votre liberté. D’aller chez le coiffeur sans vous casser la tête pour faire garder vos enfants pendant ce temps. D’aller faire des courses en prenant vraiment le temps de choisir vos produits au lieu de remplir machinalement et à la hâte un caddie tout en faisant le gendarme entre vos enfants impatients. De vous poser dans un parc avec un bon bouquin dont personne n’interrompra la lecture, pour une fois. Sortir vous évitera également de tourner en rond chez vous en broyant du noir, et surtout de voir traîner autour de vous tous ces objets qui vous rappelleront que les enfants ne sont pas là.

Ne restez pas seule. C’est le moment idéal pour aller boire un café avec une autre maman tout aussi déprimée que vous. Et je vous assure que le café a bien meilleure saveur lorsqu’il n’est pas interrompu par les sollicitations d’un enfant (parce que pour une fois vous aurez la chance de ne pas le boire froid) !

Lancez-vous dans une activité qui vous tient à cœur. Si vous pouvez trouver une activité professionnelle ou amateur gratifiante, le cap sera moins difficile à passer. C’est le moment de vous inscrire à ces cours de couture que vous rêviez de prendre depuis longtemps, ou de ressortir vos pinceaux et vos toiles si vous peignez, ou de reprendre des études, ou d’envisager tant d’autres projets restés en attente jusqu’ici. En un mot, revivez.

Rendez-vous utile auprès d’autres personnes. Certes, vos enfants ont moins besoin de vous, mais d’autres personnes peuvent apprécier votre présence ou vos compétences. Les associations sont toujours à la recherche de bénévoles, et il y a mille et une façons de rendre service à vos proches, à vos voisins, ou aux personnes fragilisées qui vous entourent. Et parfois, lorsque nos enfants n’ont plus besoin de nous, ce sont tout simplement nos parents vieillissants qui apprécieront notre aide.

Adoptez un chien. Cela peut paraître idiot, mais… ce n’est pas pour rien que les chiens sont qualifiés d’animaux de “compagnie”. Ils sont un beau remède contre la solitude. Il paraît que les propriétaires de chiens seraient moins enclins à la dépression (et à l’obésité) que les personnes n’ayant pas d’animaux. En tous cas, les chiens vous forcent à sortir, et donc à rencontrer du monde. Et les balades au grand air sont un autre remède anti-déprime largement sous-estimé. En plus, les chiens ne vous reprocheront pas de ne pas avoir lavé leur pantalon préféré et ils ne feront pas la moue devant le contenu de leur gamelle. Et surtout, vous n’aurez jamais besoin de les déposer à l’école !

Je termine par la pire des mauvaises idées, celle qu’il ne faut absolument pas avoir juste après la rentrée, à savoir décider de ranger la chambre de vos enfants, de faire une sorte de ménage de printemps… en automne. De trier leurs armoires pour sortir ce qui ne leur va plus (et de le vendre sur Vinted, comme dirait la pub), de déplacer leur mobilier, voire de repeindre leurs murs. Ce projet-là est purement kamikaze. Vous passeriez des heures dans des chambres vides où tout vous rappelle douloureusement ces chers enfants qui vous manquent tant… et vous redit aussi à quel point le temps passe et à quel point vous vieillissez. Vous injecteriez une grande bouffée d’amour à distance à vos enfants en rangeant leur petit nid, remplie de l’espoir de retrouver le soir des enfants ravis et reconnaissants, sans imaginer un seul instant que le soir-même, vos enfants seront en réalité fatigués et peut-être grognons (furieux d’avoir pour professeur principal le “pire professeur du collège” ou d’avoir un emploi du temps “pourri”, par exemple), peut-être pas vraiment ravis que vous ayez touché à leurs affaires en leur absence, et peut-être pas du tout emballés par vos nouvelles idées déco ou la disparition de certains objets qu’ils adoraient. Non, cette idée est vraiment à bannir. Vous pourrez toujours ranger leur chambre avec eux… aux prochaines vacances. En attendant, fermez leur porte et pensez enfin à vous.

Bon courage !

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (sans vraiment s’en rendre compte…)

Le mensonge qui n’est pas vraiment du mensonge

Un soir, notre petit dernier de deux ans et demi, qui avait passé la journée à la crèche, m’a dit de façon totalement neutre que l’une des nounous lui avait mis une tape sur les fesses. Vous imaginez le malaise. Il me semblait improbable que mon fils mente à ce sujet, parce que je le sais très attentif à ce genre de contacts physiques (mais en même temps, en tant que parents, nous ne sommes pas toujours très lucides sur ce dont nos enfants sont capables en termes de mensonges…) D’un autre côté, cela me semblait tout aussi improbable que sa nourrice ait fait une chose pareille. Bref, le lendemain, j’ai pris mon courage à deux mains, et, en faisant l’innocente, j’ai dit à la nounou : « Euh…. Mon fils m’a dit que… vous lui aviez mis une tape sur les fesses… Est-ce que vous pourriez me dire ce qui s’est passé ? » La nounou avait vraiment l’air de ne pas savoir de quoi je lui parlais. Puis, en y réfléchissant un peu, elle m’a répondu : « Ah, mais oui… il était tout joyeux et il est passé près de moi en se dandinant, alors je l’ai tapoté sur la couche… c’était affectueux !! » Ouf ! Grand soulagement. Mon fils n’avait pas “vraiment” menti, dans le sens où il avait été vrai dans sa perception de l’événement. Mais au fond, il n’avait pas compris l’intention derrière le geste, et je suis très heureuse que nous ayons dissipé ce malentendu avec sa nounou.

Pour éviter ce type de malentendus, lorsque les dires de nos enfants impliquent des personnes extérieures à la famille, nous avons pour habitude de confronter leurs dires avec la perception que ces autres personnes peuvent avoir de la situation, comme avec l’épisode de la nounou.

L’une de nos filles avait régulièrement l’habitude de nous dire, en rentrant de l’école, que telle copine l’avait invitée à la rejoindre au terrain de jeux. Nous avions enregistré les numéros de téléphone de tous les parents de ses copines, alors il suffisait d’un sms pour en avoir le cœur net. « Il paraît que ta fille a invité la mienne au terrain de jeux ? C’est vrai ? » Souvent, la maman concernée nous répondait : « Ah, je n’ai pas eu la même version. Moi, on m’a dit que c’était la tienne qui avait invité la mienne… » Moralité, elles mentaient un peu toutes les deux… car elles s’étaient concertées, en fait. Elles s’étaient mises d’accord sur l’essentiel (le terrain de jeux), mais elles étaient restées floues sur les modalités (« c’est toi qui invites ou c’est moi ? »).

Parfois, les enfants ne mentent pas… ils exagèrent. Surtout lorsqu’ils sont un peu fantasques ou qu’ils ont une imagination débordante. Je me souviens d’un soir où j’avais bu un petit verre de sangria (chose qui ne m’est pas très habituelle parce que je ne supporte pas bien l’alcool). J’ai très vite senti ma tête tourner, et comme les enfants avaient eu une semaine morose et que je voulais détendre l’atmosphère, je me suis montrée d’humeur particulièrement joyeuse, et j’avoue que la sangria m’a un peu aidée. Sauf que… le lendemain, ma fille a raconté notre soirée à tout un groupe d’amis, et en à peine quelques heures, j’étais devenue une alcoolique notoire ! Autant vous dire que j’ai tenté de rétablir la vérité… mais je ne suis pas du tout certaine d’y être parvenue, car qui va croire une personne soupçonnée d’alcoolisme et qui vous dit : « Mais non, je ne bois pas… »

Dans le même ordre d’idées, en une certaine occasion où nous avions refusé certaines choses aux enfants parce que nous “n’avions pas les sous” pour répondre à tous leurs désirs, ils ont raconté à nos amis que nous croulions sous les dettes et que nous étions profondément désespérés… Là encore, nous avons rectifié les choses, et cette fois-ci, les amis ont dû nous croire parce que personne ne nous a fait de chèque…

Face à ces débordements du langage, nous veillons à rétablir la vérité autant que possible. Et, bien sûr, nous expliquons à nos enfants quel est le poids des mots, et jusqu’où ils peuvent nous entraîner. C’est un travail de longue haleine, mais nous avons bon espoir…

Avez-vous vécu des épisodes où vous auriez préféré que vos enfants se taisent… ? Je serais très curieuse de les entendre..

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter

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On passe à l’action

Trucs et astuces qui marchent (ou pas) lorsque vos enfants vous mentent (et que vous voulez les aider à ne plus le faire…)

On passe à l’action

Je me souviens d’un incident savoureux qui a eu lieu lorsque j’étais petite. Mon père s’est aperçu que le fil électrique de la lampe de la cuisine avait été sectionné. Il nous a tous interrogés à ce sujet. Évidemment, ce n’était personne. Il y avait donc un enfant qui mentait, parce que tout le monde sait bien qu’un fil électrique ne se coupe pas tout seul… Mon père a alors examiné le fil et déclaré : « Hum, j’ai l’impression que cette coupure a été faite avec un couteau… » et voilà que mon frère s’est mis à crier : « Mais non, je n’ai pas pris un couteau, j’ai pris des ciseaux ! ». J’ignore si mon père a tout découvert par pure coïncidence ou si c’était un grand coup de génie, mais ça a fonctionné.

Nous avons vu qu’il valait mieux pour un enfant qui a menti d’être démasqué le plus vite possible. Mais tous les enfants n’admettent pas qu’ils ont menti avec la même facilité. Certains ont la conscience extrêmement sensible et ils avouent d’eux-mêmes la moindre de leurs bêtises. Mais d’autres sont capables d’une mauvaise foi à toute épreuve. Je revois l’un de nos enfants qui venait d’en taper un autre sous les yeux de toute la famille et qui nous a dit, au moment où nous lui faisions des remontrances : « Quoi ? Mais je n’ai rien fait ! »…

Alors comment réagir ?

L’une des stratégies possibles, surtout avec un enfant qui cultive la mauvaise foi, consiste à “entrer dans son jeu” et à pousser l’absurde le plus loin possible, jusqu’à ce que ce ne soit plus tenable, que l’enfant craque et avoue (mais certains enfants ne craqueront jamais..). Ainsi, le fils de ma voisine a un jour allumé sa console de jeux en cachette. Elle l’a bien sûr questionné. « Non, je n’ai rien fait », lui a répondu son fils, comme on pouvait s’y attendre. Elle savait très bien qu’il lui mentait. Alors elle lui a dit : « Ah, ben mince alors, la console s’allume toute seule, elle doit avoir un problème, je vais la rapporter à la boutique et demander à un technicien de l’examiner… » Puis elle a pris la console qu’elle a laissée cachée dans sa voiture un certain nombre de jours… jusqu’à ce que son fils craque et avoue tout, trop impatient de récupérer sa console ! Cette stratégie est assez intéressante, et ce jeune a subi la fâcheuse conséquence d’être privé du jeu pour lequel il avait menti, à l’origine. C’était une manière de lui faire comprendre que, s’il ment, il existe un risque que les gens le croient, et agissent en conséquence. Cela dit, il me semble que cette stratégie devrait être employée avec des pincettes. Elle peut fonctionner ponctuellement avec des enfants qui comprennent l’ironie et qui ne prendront pas leurs propres parents pour des menteurs suite à de telles cachotteries. Mais de manière générale, mentir à un enfant pour l’aider à sortir du mensonge n’est certainement pas la meilleure des approches à long terme.

Une autre stratégie, peut-être moins fine, mais qui a fait ses preuves chez nous, consiste à placer les enfants face à l’une des conséquences tragiques de leurs mensonges, à savoir la perte de notre confiance. Si, d’un côté, les enfants mentent pour éviter les ennuis, d’un autre côté, ils sont très demandeurs de notre confiance. Je me souviens d’un échange que j’ai eu avec mon aîné : « Enfin, maman, tu peux me faire confiance, non ? Tu sais que je fais mes devoirs. » Et je lui ai répondu : « Je regrette, la semaine dernière, tu m’as juré que tes devoirs étaient faits et ensuite, j’ai trouvé un mot d’un professeur signalant que tu n’avais pas fait ton exercice de maths… Tu ne m’as donc pas prouvé, pour l’instant, que je pouvais te croire lorsqu’il s’agit de tes devoirs. Que ferais-tu à ma place ? Je voudrais bien te croire, mais… » Le placer face à mon dilemme parental, et en définitive face à sa propre incohérence, est quelque chose qui l’a certainement aidé. Son envie de regagner notre confiance a sans doute triomphé, puisque, non seulement nous n’avons plus eu à déplorer de devoirs non faits à partir de ce moment-là, mais en plus, lorque nous lui demandions s’il avait fait ses devoirs, il avait désormais l’honnêteté d’admettre qu’il n’en avait fait qu’une partie et qu’il lui en restait encore quelques-uns… Il a peu à peu assimilé le fait que, moins il ment, plus nous lui faisons confiance, et plus nous lui faisons confiance, plus nous lui accordons de liberté !

Quelle que soit la stratégie, l’optique reste toujours la même : l’enfant cessera plus facilement de mentir s’il a véritablement conscience que mentir n’est absolument pas dans son intérêt.

Avez-vous d’autres stratégies à proposer pour aider un enfant à ne plus mentir ? Nous sommes preneurs…

Par Vanessa Bonnefont pour iCharacter